« Regénérer la ville : un logement adéquat pour tous », tel est le thème retenu pour l’édition 2026 de la Journée mondiale des villes, célébrée chaque 31 octobre. Alors que 68% de la population mondiale vivra en milieu urbain d’ici 2050 (DAES ONU), le dérèglement climatique contraint acteurs et élus à transformer la fabrique de la ville pour allier cadre de vie et impératifs écologiques. Dans ce contexte, l’OiEau accompagne collectivités et aménageurs dans la transformation écologique de leurs espaces urbains.

Construire des villes résilientes, un impératif pour lutter contre les effets du changement climatique

Adopté lors de la Conférence Habitat III des Nations Unies en 2016, le Nouveau programme pour les villes fixe un cap partagé : bâtir des villes et des établissements humains ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.

Alors que la densification urbaine s’accélère, les territoires sont confrontés à de multiples défis: étalement urbain, pollution de l’air, imperméabilisation des sols, vieillissement des infrastructures, dérèglement climatique. Ce dernier entraîne des menaces pour la sécurité et le bien-être des populations, comme les canicules estivales et les inondations soudaines consécutives aux épisodes de pluies intenses

Face à ces risques et vulnérabilités, pouvoirs publics et décideurs doivent apporter des solutions de régénération urbaine pérennes et résilientes pour fournir à tous un logement décent.

Dans ce cadre, la gestion de l'eau devient un facteur clé de l’adaptation des villes au changement climatique et des stratégies de régénération urbaine, qui promeuvent la circularité, la réutilisation de l’eau et la restauration des écosystèmes et de la biodiversité urbaines. En intégrant la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dès la conception ou dans le réaménagement des projets, les collectivités restaurent le cycle naturel de l’eau, limitent la vulnérabilité face aux inondations et atténuent durablement les îlots de chaleur.

Selon le PNUE FI & WEF :

44 %

du PIB mondial généré dans les villes

(soit 31 000 milliards de dollars) est directement menacé par la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes

Déployer de nouveaux modèles d’aménagement des espaces urbains

Face aux pressions anthropiques et climatiques, les démarches traditionnelles de gestion de l’eau en « tout-tuyau » révèlent leurs limites. Assurer la résilience des agglomérations demande à repenser les échelles d’analyse et à reconnecter la ville à son environnement proche.

  • La solidarité territoriale et le dialogue ville-bassin

La résilience urbaine doit embrasser l’échelle hydrographique naturelle du bassin versant. Coédité par le Réseau international des organismes de bassin (RIOB) et l’Association internationale de l’eau (IWA), le manuel sur le dialogue ville-bassin formalise cette approche intégrée. Il soutient l'idée que l’instauration d’un dialogue ville-bassin constitue un mécanisme permettant de progresser vers une gestion durable de l’eau afin d’améliorer la protection des sources à l’intérieur et au-delà des frontières urbaines, de maintenir la quantité et la qualité des ressources en eau et de préparer les villes aux impacts du changement climatique.

Ce cadre fournit aux décideurs des lignes de conduite pour coordonner la protection des captages, la restauration des zones d’expansion de crues et optimiser les investissements à une échelle territoriale cohérente.

  • La maîtrise des pollutions diffuses et du ruissellement urbain

L’imperméabilisation des surfaces engendre en cas d’épisodes pluvieux un lessivage des zones urbaines et par conséquent la pollution des milieux naturels et aquatiques urbains. Dans le cadre du projet européen Waterun, l’OiEau et ses partenaires développent des démarches de conception urbaine sensible à l’eau (WSUD) dans une perspective holistique, de l’identification des sources à la prise de décision pour le contrôle de pollution diffuse de l’eau dans les bassins versants urbains.

L’objectif est de transformer la gestion de la pollution diffuse de l’eau grâce au développement d’outils d’identification, de planification et d’évaluation des risques, ainsi que de nouvelles procédures de travail avec la participation des principaux acteurs de la gestion et de la gouvernance de l'eau urbaine.

  • Le concept de « ville-éponge » et les Solutions fondées sur la nature (SfN)

Longtemps guidé par la doctrine du « tout-tuyau » visant à évacuer l’eau le plus rapidement possible hors de la ville, l’aménagement s’adapte et fait place au concept de ville-éponge. Le principe est simple : infiltrer, stocker et évaporer l'eau de pluie là où elle tombe.


La désimperméabilisation et l'infiltration naturelle s'appuient sur des aménagements sobres et multifonctionnels :

  • Noues végétalisées et fossés d'infiltration : des fossés larges et peu profonds qui ralentissent l'eau tout en filtrant les polluants par le sol.
  • Jardins de pluie et bassins ouverts : intégrés dans les parcs ou les cours d'école pour combiner régulation hydraulique et agrément paysager.
  • Revêtements perméables : des pavés drainants, dalles alvéolées ou bétons poreux appliqués aux parkings et voiries secondaires.

L'OiEau s'investit également dans les programmes SpongeWorks et SpongeScapes. Ces projets visent à co-créer, modéliser et diffuser des mesures naturelles de rétention d'eau à l'échelle des bassins versants et des métropoles, pour mesurer scientifiquement leur résilience face aux sécheresses et aux inondations.

L'eau pluviale n'est ainsi plus traitée comme un déchet à évacuer au plus vite, mais valorisée comme une ressource précieuse pour irriguer les trames vertes et bleues et soulager la climatisation artificielle.

Les mesures naturelles de rétention d’eau ou "mesures éponge"

Le projet NATALIE : des applications européennes concrètes

Le projet européen NATALIE vise à démontrer l'efficacité des SfN face aux aléas climatiques (inondations, feux de forêt, sécheresses, etc.) qui menacent de nombreux territoires.

Sa stratégie repose sur la mise en place de sites de démonstration (DS) où les SfN sont testées, et souvent couplées à des sites suiveurs (FL) (follower sites) pour étudier le potentiel de réplication de ces solutions.

Plusieurs études de cas qui ciblent les milieux urbains ou péri-urbains :

  • Restauration de l'habitat d'eau douce dans les écosystèmes urbains (Roumanie) : ce cas se concentre très précisément sur la renaturation et la préservation de l'eau au sein même de la ville. L'objectif est souvent de concilier la gestion des crues, la qualité de l'eau et le développement d'espaces naturels accessibles aux citadins.
  • Recharge des aquifères pour la réutilisation de l'eau (Belgique / Flandre) : dans un contexte de forte densité de population (comme la Flandre), la gestion de la ressource en eau souterraine est un défi majeur. Ce projet illustre la nécessité de tamponner les effets des sécheresses dans des zones très anthropisées.
  • Solutions alternatives de gestion de l'eau dans les archipels (Espagne) : bien qu'insulaire, la problématique du stress hydrique aux Canaries ou aux Baléares (le site suiveur) touche directement l'approvisionnement des zones urbaines et touristiques denses.
  • Restauration, entretien et gestion durables des rivières en Vénétie (Italie) : Ce cas, situé dans une région densément peuplée (Vénétie), aborde la prévention des inondations qui touchent régulièrement les villes environnantes.

1.1°C à 2.9°C

c’est la capacité de refroidissement

mesurée des infrastructures vertes dans 600 villes européennes

De la stratégie à l’action opérationnelle : l’OiEau outille les acteurs

L’OiEau accompagne les acteurs et décideurs publics pour les aider à traduire leurs ambitions de régénération urbaine en réalisations pérennes.

  • Aide à la décision et ingénierie méthodologique

Avec l’appui de l’Office français de la biodiversité (OFB), l’OiEau met à la disposition des maîtres d’ouvrage des fiches-conseils opérationnelles et techniques dédiées aux mesures naturelles de rétention d’eau (MNRE), notamment en milieu urbain. Ces ressources ont pour vocation d’éclairer leurs choix techniques, de préciser les modalités de mise en œuvre et identifier les leviers de financement possibles en France.

  • Montée en compétences des acteurs

En réponse à l’évolution des cadres réglementaires, l’OiEau dispense des formations ciblées sur la gestion des eaux pluviales urbaines (GEPU) et la gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP) à destination des élus et agents sur ces nouvelles compétences dévolues aux collectivités, afin de les accompagner dans la mise en œuvre de solutions résilientes.
L'OiEau dispose à Limoges d'une plateforme pédagogique unique dédiée à la gestion intégrée des eaux pluviales. Ce plateau technique permet de visualiser et de tester en conditions réelles différents revêtements perméables, techniques d'infiltration et systèmes de régulation de débit.

  • Sécurisation financière et prospective patrimoniale 

Adapter les réseaux et créer des infrastructures vertes impliquent des arbitrages budgétaires. Le dispositif ProsperEau, développé par l’OiEau, rend accessible aux collectivités une analyse financière et prospective des services eau et d’assainissement aux collectivités. Il leur permet ainsi de modéliser les coûts, planifier le renouvellement des équipements et évaluer l’impact des investissements au regard de leurs besoins d’adaptation et de garantie d’un service continu et de qualité.

En accompagnant les acteurs territoriaux sur les volets technique, méthodologique et prospectif, l’OiEau contribue à la concrétisation des objectifs d’adaptation et de résilience des espaces urbains. Pour garantir à tous un logement adéquat, les stratégies de planification urbaine doivent faire de la gestion de l’eau un axe structurant de l’aménagement et de la solidarité territoriale.

FAQ - Comprendre la gestion de l'eau dans les villes

C’est un modèle d’urbanisme qui remplace les surfaces imperméables (asphalte, béton) par des aménagements absorbants : noues végétalisées, jardins de pluie ou revêtements perméables. Plutôt que de saturer les réseaux d'égouts avec des volumes massifs de ruissellement lors d'orages violents, la ville éponge infiltre, filtre et stocke l'eau directement là où elle tombe, tout en rechargeant les nappes phréatiques locales.

La réintégration de l'eau et de la végétation dans le tissu bâti active l'évapotranspiration : les végétaux puisent l'humidité du sol et la restituent sous forme de vapeur d'eau. Ce phénomène physique consomme de la chaleur et permet de faire baisser la température ressentie au cœur des îlots de chaleur urbains, tout en offrant de l'ombrage protecteur pendant les pics caniculaires.

Le bilan économique est généralement très avantageux. Recourir à des noues, des tranchées d'infiltration ou des revêtements drainants évite de surdimensionner les canalisations souterraines et de couler d'onéreux bassins de rétention en béton. À l'usage, leur maintenance relève de l'entretien courant des espaces verts plutôt que du curage lourd de réseaux étanches, tout en apportant des bénéfices impossibles à obtenir avec des tuyaux enterrés : cadre de vie, biodiversité et rafraîchissement de l'air.

Quelques exemples de projets en lien avec les infrastructures vertes urbaines

SOLUCIR - Solutions circulaires et décentralisées pour la gestion de l’eau
EUROPE - AFRIQUE - Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni
Janvier 2026 - Décembre 2029
Union Européenne, NTUA, KWR, KWB, EURECAT, ICL, UNIVPM, MELiSSA, WE, BWB, DEYAL, De Watergroep, ACSA, CIIP SPA, WRC
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Water and Health for Georgia
Europe - Géorgie
Septembre 2024 - Août 2027
Ministry of Environmental Protection And Agriculture - MEPA, Ministry of Labor, Health and Social Affairs - MoH, National Environmental Agency - NEA
Découvrir le projet
SpongeWorks - Co-création et Développement de Paysages Éponges par l'Utilisation de Mesures Naturelles de Rétention de l'Eau et de Gestion Durable
Europe - Pays-Bas, Allemagne, Grèce, France, Autriche, Royaume-Uni - Bassins versants de la Lèze (France), du Pénée (Grèce), de la Vecht (Pays-Bas et Allemagne)
Septembre 2024 - Août 2028
Union Européenne
Découvrir le projet

Découvez quelques unes de nos formations sur la gestion de l'eau dans la ville

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Réf : SK022

Eau et urbanisme : les logiques « eau » dans l’élaboration et l’instruction des documents d’urbanisme

4 jours

Présentiel

Limoges

2104 € HT

par participant

Prochaine session le 08/02/2027

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Réf : EE005

Compétence gestion des eaux pluviales urbaines

0.21 jour

Distanciel

90 € HT

par participant

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Réf : SE003

Hydrologie urbaine - niveau 1 : dimensionnement d’un réseau pluvial et d’un volume de rétention

4 jours

Présentiel

Limoges

1912 € HT

par participant

Prochaine session le 14/06/2027

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