Le SANDRE : un outil essentiel pour l'interopérabilité des données sur l'eau
Assurer la cohérence, la qualité et la circulation de l’information environnementale constitue un impératif stratégique pour la conduite des politiques publiques de l’eau et de la biodiversité. L’État français s’est doté à cette fin d’outils structurants, dont le SANDRE représente l’un des piliers majeurs.
Présentation du SANDRE : le référentiel des données sur l'eau en France
Garantir la connaissance et l’interopérabilité des données sur l’eau
La gouvernance de l’eau repose notamment sur une connaissance partagée, structurée et fiable de la donnée. Dans un contexte marqué par le changement climatique, la pression sur les ressources, disposer d’informations cohérentes et comparables représente un levier stratégique pour les politiques publiques.
En France comme en Europe, la structuration et l’interopérabilité des données environnementales se situent au cœur des dispositifs de pilotage de la transition écologique. Elles permettent de favoriser la transparence, de renforcer la coordination entre acteurs publics et privés et d’éclairer les décisions relatives à la gestion durable des ressources en eau.
Le Système d’Information sur l’Eau (SIE), créé par l’État français, incarne cette ambition. Accessible à tous via le portail eaufrance, il centralise et diffuse les données publiques issues d’un large réseau d’opérateurs, d’administrations et d’établissements publics. Ces données sont mises à disposition de l’ensemble des acteurs de l’eau, des collectivités territoriales jusqu’aux chercheurs.
Le SANDRE : un langage commun pour les données sur l’eau
Au cœur de ce système se trouve le SANDRE, Service d’Administration Nationale des Données et Référentiels sur l’Eau. Il établit les standards, nomenclatures et référentiels qui permettent à l’ensemble des producteurs et utilisateurs de données sur l’eau de partager un langage commun.
Le SANDRE définit les formats, structures et règles d’échange nécessaires pour rendre les données interopérables entre systèmes d’information distincts. Cette homogénéisation garantit la cohérence des informations produites aux échelons local, national et européen.
Piloté par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), le SANDRE bénéficie du secrétariat technique assuré par l’Office International de l’Eau (OiEau) depuis plus de 30 ans, assurant ainsi la pérennité et la neutralité du dispositif.
Le référentiel SANDRE est certifié ISO 9001 (management de la qualité) et ISO 27001 (sécurité de l’information), témoignant d’une gestion rigoureuse et sécurisée de la donnée publique.
Les référentiels produits par le SANDRE, tels que les dictionnaires de données, nomenclatures, formats d’échange et jeux de correspondance, sont libres d’accès et régulièrement mis à jour. Ils constituent un socle technique indispensable pour les services de l’État, les agences de l’eau, les collectivités, les bureaux d’études, les acteurs économiques ainsi que les organismes de recherche.
Une ouverture vers la biodiversité et le milieu marin
Les enjeux actuels de connaissance environnementale ne se limitent plus à la seule gestion de l’eau douce. L’interconnexion des milieux et la montée des préoccupations liées à la biodiversité et au littoral requièrent une approche intégrée des systèmes d’information.
La France étend progressivement le cadre du SIE à d’autres composantes environnementales, telles que la biodiversité et le milieu marin. À partir de 2026, l’OiEau assurera également le secrétariat technique des systèmes d’information dédiés à ces domaines, en appui à l’OFB et aux ministères compétents. Cette évolution reflète une volonté claire de cohérence et de continuité entre les différentes sources d’information relatives aux écosystèmes.
L’objectif est de bâtir une continuité numérique entre les données sur l’eau, les milieux naturels et la biodiversité, afin de renforcer la compréhension des interactions écologiques et d’optimiser la mise en œuvre des politiques publiques.
Préparer l’avenir : intelligence artificielle et gestion des connaissances
La transition numérique a transformé les usages associés à la donnée environnementale. L’essor de l’intelligence artificielle, de l’automatisation et des démarches de knowledge management ouvre de nouvelles perspectives en matière d’analyse, de mutualisation et de valorisation des informations.
Ces technologies facilitent la détection de signaux faibles, l’anticipation des évolutions des milieux aquatiques et l’optimisation des stratégies de gestion. L’intégration de modèles d’apprentissage automatique permet une identification plus précoce des anomalies, ainsi qu’une modélisation approfondie de scénarios liés au changement climatique.
Dans cette dynamique, l’OiEau, au service de l’OFB et des partenaires institutionnels, investit dans le développement des compétences, le renforcement de l’innovation et l’animation d’une culture commune de la donnée au sein des réseaux professionnels de l’eau et de la biodiversité.