Désertification et sècheresse : relever le défi de la sécurité alimentaire passe par une bonne gestion de l'eau

Publié le 16/06/26

La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse rappelle que la dégradation des sols n’est pas une fatalité, mais un défi structurel majeur nécessitant des politiques publiques coordonnées et une régulation rigoureuse des ressources naturelles.

L’édition 2026 met l’accent est mis sur nécessité de restaurer les terres de pâturage et de culture

Pour atteindre cet objectif, une gestion concertée de l’eau est indispensable.

Une situation démographique mondiale qui implique des besoins agricoles accrus

La dynamique démographique globale impose une pression sans précédent sur les écosystèmes terrestres. En 2026, la population mondiale poursuit sa trajectoire vers les 8,5 milliards d'habitants attendus à l'horizon 2030, pour potentiellement atteindre près de 10 milliards en 2050.

Cette croissance s’accompagne d’une hausse mécanique de la demande alimentaire globale. Selon les projections de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production agricole mondiale devra augmenter de près de 50 % d'ici le milieu du siècle pour nourrir la population, en particulier dans les régions en développement (Afrique subsaharienne et Asie du Sud) où la transition démographique est la plus marquée.

Cette intensification requiert une optimisation des surfaces cultivables existantes. 

Or, la disponibilité de ces terres fertiles s'amenuise en raison de l'urbanisation et de la dégradation anthropique des sols, créant un biais critique entre l'augmentation des besoins de consommation et la capacité de production biologique de la planète. 

Zones arides et désertiques : 50 ans de progression

Aux risques précédents s’ajoutent les effets du changement climatique qui agissent comme un multiplicateur de vulnérabilité, notamment en exacerbant l'aridité des terres et en déréglant les cycles hydrologiques mondiaux.

Les rapports de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) indiquent que près des trois quarts des terres arables mondiales ont subi des phénomènes d'assèchement ou de dégradation au cours des trente dernières années. Environ 40 % des terres émergées de la planète sont aujourd'hui classées comme zones arides, semi-arides ou sub-humides sèches. On estime que la désertification progresse au rythme de 12 millions d'hectares perdus chaque année.

Une perturbation du nexus Eau-Énergie-Alimentation

La sécurité alimentaire ne peut être isolée des ressources hydriques et énergétiques. En effet, ces trois secteurs forment un système interconnecté appelé nexus :

  • L'eau est indispensable à la production agricole (irrigation) et énergétique (refroidissement des centrales électriques, production d’hydroélectricité).
  • L'énergie permet le pompage, le traitement et la distribution de l'eau, ainsi que la fabrication d'intrants agricoles et la transformation des aliments.
  • L'agriculture et l’alimentation dépendent de la stabilité des deux flux précédents.

Les sécheresses chroniques et l'extension des zones arides viennent rompre cet équilibre. Moins d'eau disponible signifie une baisse des rendements agricoles, mais aussi un besoin accru en énergie pour pomper l'eau dans des nappes phréatiques de plus en plus profondes par exemple, ou encore pour recourir au dessalement.

Des solutions mises en avant par l'OiEau

Les Solutions fondées sur la Nature pour freiner la progression de la désertification

La lutte contre la désertification nécessite de déployer des stratégies de restauration et de gestion conservatoire des eaux et des sols.

L'OiEau place la promotion des Solutions fondées sur la Nature (SfN) au cœur des politiques de gestion de l'eau afin de restaurer les cycles hydrologiques. il accompagne les territoires dans le déploiement d'infrastructures vertes concrètes, telles que la restauration des zones humides, la re-végétalisation des bassins versants ou la reconnexion des cours d'eau avec leurs plaines d'inondation. En permettant au sol d'agir comme des éponges naturelles, ces solutions freinent le ruissellement, favorisent la recharge des nappes phréatiques et atténuent la sévérité des sécheresses, constituant une alternative durable et résiliente face aux infrastructures de génie civil traditionnelles.

Les SfN sont particulièrement adaptées au retour et au maintien des conditions favorables à la culture.

La Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) comme rempart

Face à ces enjeux transversaux, l’OiEau déploie son expertise à l'échelle mondiale en promouvant la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE). Cette approche holistique s'avère indispensable pour endiguer la désertification et renforcer la résilience des territoires face à la sécheresse.

L'OiEau défend le principe d’une gestion de l'eau basée non pas sur les frontières administratives, mais sur les limites naturelles des bassins versants (cours d'eau, lacs ou aquifères). Via le secrétariat technique du Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB) qu’il assure, l'OiEau facilite le dialogue entre les États et les acteurs locaux pour une répartition équitable de l'eau, prévenant ainsi les conflits d’usage entre amont et aval, notamment en période de pénurie.

Les contributions de l'OiEau se déploient d'abord à travers le renforcement de la gouvernance participative et de la planification territoriale. En accompagnant les pays et les institutions transfrontalières dans la définition de cadres juridiques et de plans de gestion de l’eau, il veille à ce que la GIRE associe l'ensemble des usagers, notamment les agriculteurs, les énergéticiens et les collectivités locales. 

Cette démarche concertée garantit ainsi que les prélèvements n'excèdent jamais la capacité de renouvellement naturel de la ressource.

Découvrez notre vidéo

"Gestion de l’Eau : 3 minutes pour comprendre" la GIRE !

Des systèmes d'information pour connaitre l'état de la ressource

Parallèlement, pour anticiper efficacement les épisodes de sécheresse, l'OiEau appuie soutient le développement d'outils de modélisation fine et de Systèmes d'Information sur l'Eau (SIE). Cette approche technique s'appuie notamment sur la télédétection satellitaire. La valorisation de l'imagerie spatiale permet en effet un suivi opérationnel précis des territoires, englobant la mesure du stress hydrique de la végétation, l'évolution du couvert végétal, la cartographie de l'humidité des sols et les données hydrologiques . Croisées avec les données collectées sur le terrain, ces technologies offrent aux décideurs la possibilité de visualiser les tendances d'aridité futures et d'ajuster les documents de planification avant l'apparition de crise.

Développer les compétences pour mieux relever les défis liés à l'eau

Enfin, l’OiEau à travers ses actions de formation et d’ingénierie pédagogique, transfère les savoir-faire techniques, institutionnels et juridiques aux gestionnaires de terrain, favorisant l'adoption de techniques d'économie d'eau et la maîtrise des nouvelles approches agroécologiques et environnementales. Grâce à ses installations fonctionnelles à taille réelle, uniques en Europe, L'OiEau met l’apprentissage des gestes métiers au centre de la montée en compétences de ses apprenants.

Quelques unes de nos formations sur le thème

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Limoges

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Prochaine session le 30/11/2026

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