Kirghizistan : trois jours de formation pour aborder planification de bassin et permis d’utilisation de l’eau

Publié le 23/10/26

Du 22 au 24 septembre 2026, l'OiEau et ses partenaires ont réuni à Kashka-Suu, dans la vallée de l’Ala-Archa, les équipes des cinq administrations de bassin du Kirghizistan (BUVRs), du Service des ressources en eau du Ministère des Ressources en eau, de l'Agriculture et de l'Industrie de transformation de la République kirghize, ainsi que de plusieurs organismes publics. Organisées dans le cadre du projet « Water Use Permits in the Kyrgyz Republic » (WUP-KG), ces trois journées de formation ont porté sur l’élaboration d’un plan de bassin et son importance pour délivrer des permis d’utilisation de l’eau fondés sur la quantité d’eau réellement disponible dans le bassin.

L’OiEau en appui à la réforme de la gestion de l’eau

Au Kirghizistan, les effets du changement climatique et le recul des glaciers, conjugués aux besoins agricoles, industriels et urbains croissants, accentuent les pressions sur les ressources en eau. Dans ce contexte, les autorités kirghizes ont entamé un changement de paradigme et font le choix de renforcer leur cadre de gestion pour promouvoir la sobriété hydrique et mieux concilier les usages par la mise en œuvre d’un système de permis d’eau.

Financé par la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), et échelonné de 2023 à 2028, le projet WUP-KG est piloté par l’OiEau en collaboration avec les institutions kirghizes et ses partenaires (Hydrosolutions et CAREC). Il vise à renforcer la planification des ressources, l’encadrement des usages et la supervision de la qualité et des volumes disponibles et utilisés.

Le rôle de l’OiEau est d’apporter un appui institutionnel, technique et méthodologique aux administrations kirghizes. Il accompagne la planification à l’échelle des bassins, le développement de la politique de permis, la gestion des données et la participation des parties prenantes.

La formation, menée avec Hydrosolutions et CAREC, s’inscrit dans cet accompagnement : aider les administrations à traduire les principes de gestion intégrée des ressources en eau en pratiques opérationnelles.


Le plan de bassin, un socle scientifique pour encadrer les usages

Les deux premières journées ont été guidées par un principe central : un permis d’utilisation de l’eau ne peut être examiné indépendamment de la situation du bassin. Pour déterminer si un prélèvement peut être autorisé, et à quelles conditions, il faut connaître la ressource disponible, les usages existants, les besoins des écosystèmes et les évolutions à anticiper.

Les travaux ont ainsi articulé quatre dimensions complémentaires :

  • Évaluer la ressource disponible. Il s’agit de caractériser les quantités d’eau qui s’écoulent à l’échelle du bassin et leurs variations au fil des saisons. Cette connaissance permet de fonder les décisions sur des données hydrologiques.
  • Établir une comptabilité des usages. Recenser les prélèvements pour l’irrigation, l’alimentation en eau potable ou l’industrie est indispensable pour comprendre comment la ressource est déjà mobilisée. Leur localisation et leur quantification permettent d’apprécier les possibilités de nouveaux usages sans compromettre les besoins existants ni l’équilibre des milieux naturels et écosystémiques.
  • Préserver un débit écologique. Les prélèvements pour des usages anthropiques ne doivent pas compromettre la pérennité des écosystèmes aquatiques. La formation a donc abordé le niveau des débits à maintenir et la prise en compte de cette exigence dans les conditions de prélèvement.
  • Anticiper les effets du changement climatique. Les projections à des horizons moyen et long permettent d’envisager l’évolution des débits et de leur répartition saisonnière. Leur intégration dans les plans de bassin doit aider les administrations à adapter leurs décisions face à une ressource susceptible de diminuer ou de devenir plus variable.

Le plan de bassin fournit ainsi un cadre commun pour rapprocher les connaissances scientifiques des décisions administratives et inscrire les autorisations dans une gestion durable de l’eau.

Dans la vallée de l’Ala-Archa, confronter les principes aux réalités du terrain

Le troisième jour, les participants se sont rendus dans le sous-bassin de l’Ala-Archa. Trois visites ont permis d’illustrer les liens entre observation de la ressource, encadrement des prélèvements et sécurité de l’approvisionnement.

  1. À la station hydrométéorologique de l’Ala-Archa, l’une des plus anciennes du pays, ils ont observé les modalités de collecte des données de débit et météorologiques dans le but de connaître les variations de la rivière dans le temps.
  2. À la prise d’eau du canal Tush, les échanges ont porté sur l’application concrète d’un permis et notamment ses portées juridiques et techniques sur l’exercice du droit de prélèvement, le contrôle des volumes prélevés et les débits écologiques.
  3. La visite du captage souterrain d’Orto-Alysh, qui fournit plus de 40 % de l’eau potable de Bichkek, a mis en lumière les interactions entre eaux de surface et eaux souterraines et la portée stratégique des décisions de gestion pour garantir l’alimentation de la capitale.

Renforcement des capacités pour une gestion durable de l’eau

Ces trois journées prolongent les actions de renforcement des capacités engagées dans le cadre du projet, et notamment la formation organisée à Bichkek le 12 mars 2026 sur la gouvernance et la gestion à l’échelle des bassins.

À terme, le projet WUP-KG vise à rendre opérationnels, à l’échelle nationale, des dispositifs efficaces de comptabilisation et de planification des ressources et d’autorisation.

L’OiEau remercie l’ensemble des participants pour leur implication, ainsi que le ministère des Ressources en eau, de l’Agriculture et de l’Industrie de transformation de la République kirghize, Hydrosolutions et CAREC pour leur collaboration.

L’OiEau remercie la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) pour son soutien financier au projet.


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