Chiffres clés : Les plans de gestion de l’eau en France
Concilier la disponibilité de la ressource en eau en quantité et en qualité suffisantes avec les besoins agricoles, économiques, l'alimentation humaine et la sauvegarde des écosystèmes impose une planification rigoureuse et territorialisée.
L'infographie publiée par l'Office International de l'Eau (OiEau), réalisée avec le soutien financier de l'Office Français de la Biodiversité (OFB), dresse un état des lieux des instruments de gouvernance de l'eau déployés sur le territoire français avec leurs objectifs, leur portée et leur développement.
Ce document structure ces dispositifs autour de trois axes complémentaires : la planification par bassin versant, la sécurisation de l'eau potable et la protection des milieux naturels.
Une gouvernance hydrographique et territorialisée
La gestion de l'eau en France s'appuie sur une hiérarchie d'outils interconnectés, pensée du grand bassin versant jusqu'aux périmètres locaux d'intervention :
- Les SDAGE (Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion des Eaux) : Au nombre de 12 (7 dans l'Hexagone et 5 en outre-mer), ils fixent les grandes orientations stratégiques et les objectifs de bon état écologique à l'échelle des grands bassins hydrographiques.
- Les SAGE (Schémas d'Aménagement et de Gestion des Eaux) :Véritable déclinaison locale des SDAGE, 166 SAGE sont actuellement mis en œuvre sur un ensemble de 204 démarches recensées, assurant une couverture de 56,3 % du territoire national.
- Les PTGE (Projets de Territoire pour la Gestion de l'Eau) : Démarches concertées de résilience quantitative, 77 PTGE sont actifs sur les 136 recensés, couvrant 21,2 % du territoire national.
- Les contrats de milieu : Outils opérationnels de restauration des cours d'eau, ils comptent 9 contrats en cours d'exécution tandis que 271 sont d'ores et déjà achevés.
La sanctuarisation de l'eau potable
Le second pilier met en lumière la préservation quantitative et qualitative des zones de prélèvement destinées à la consommation humaine :
- Un maillage dense de captages : La France dénombrait 32 770 captages d'alimentation en eau potable en 2024.
- La protection réglementaire : 84,2 % d'entre eux bénéficient d'un arrêté d'utilité publique délimitant trois cercles de sécurité emboîtés : le périmètre de protection immédiate (PPI), rapprochée (PPR) et éloignée (PPE).
- Les points noirs et captages prioritaires : Face aux pollutions diffuses (notamment les produits phytosanitaires et leurs métabolites), 1 398 captages prioritaires font l'objet d'un suivi renforcé sur le cycle de gestion des SDAGE 2022-2027.
Les milieux aquatiques au cœur des réseaux d'espaces protégés
La préservation de la ressource dépend intimement de l'intégrité des milieux naturels qui la filtrent, la stockent et la régulent. Le document rappelle les avancées et les marges de progression en matière de protection des écosystèmes :
- Le réseau Natura 2000 : Il englobe 35,2 % de l'espace marin hexagonal et 13 % du territoire terrestre hexagonal (représentant 7 millions d'hectares). Toutefois, seulement 3 % de cette surface terrestre protégée concerne spécifiquement les cours d'eau, tourbières et marais, soulignant une vulnérabilité persistante pour les écosystèmes d'eau douce.
- Les zones humides d'importance internationale : 58 sites Ramsar sont officiellement reconnus en France en 2026 pour leur rôle hydrologique et écologique majeur.
- La trajectoire SNB 2030 : La Stratégie Nationale pour la Biodiversité fixe pour 2030 l'objectif d'atteindre 30 % d'espaces terrestres et marins protégés, dont 10 % sous statut de protection forte.
Conformément à son statut d'utilité publique et son agrément "Protection de l'environnement", l’OiEau place la gestion des données et la valorisation des connaissances au cœur de ses missions, afin de produire et diffuser une information fiable, pédagogique et accessible à tous.
C’est dans cet esprit que l’OiEau diffuse librement des chiffres clés à l’échelle nationale et internationale, accompagnés de métadonnées détaillées, via son site chiffrecle.oieau.fr.
Ceux-ci, pouvant être réutilisés sous licence Creative Commons, sont élaborés selon une charte éditoriale garantissant leur qualité, avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité, et reposent sur un processus rigoureux de veille, de vérification et de publication.
Ce format permet de sensibiliser et d’informer rapidement sur des enjeux variés : qualité de l’eau, inondations, assainissement, empreinte hydrique, etc. L’objectif est de valoriser des informations synthétiques et accessibles, issues de sources fiables, pour éclairer les professionnels et le grand public sur les défis de la gestion de l’eau.
Les outils de gestion de l'eau en France
La planification de l’eau désigne l’approche structurée et territorialisée visant à gérer durablement la ressource en quantité et en qualité suffisantes. Elle s'articule autour d'outils de gouvernance par bassin versant ayant pour but central de préserver l'eau et la biodiversité, tout en conciliant l'ensemble des usages : consommation d’eau potable, agriculture, activités économiques et protection des milieux aquatiques.
La différence principale réside dans l'échelle d'application territoriale et le niveau de déclinaison opérationnelle :
- Le SDAGE (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) : Il fixe les orientations fondamentales et les objectifs de gestion à l’échelle des grands bassins hydrographiques (7 dans l'Hexagone et 5 en outre-mer).
- Le SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux) : Il constitue la déclinaison locale et concrète du SDAGE sur un sous-bassin versant ou un périmètre hydrographique cohérent.
Les Projets de Territoire pour la Gestion de l’Eau (PTGE) sont des démarches de gouvernance territoriale destinées à répondre localement aux enjeux quantitatifs et qualitatifs de la ressource. Ils permettent d'organiser la concertation entre les acteurs locaux pour sécuriser l'accès à l'eau, adapter les usages aux changements climatiques et préserver les écosystèmes.