5e Conférence internationale sur les fleuves africains : agir pour une gouvernance durable et intégrée des bassins transfrontaliers

Publié le 30/07/26

À l'occasion de la 5e Conférence internationale sur les fleuves africains (ICAR 2026) tenue à Rabat en juillet 2026, les acteurs scientifiques et institutionnels de l'eau ont réaffirmé la nécessité d'une gestion prospective des ressources hydrauliques du continent. L'Office International de l'Eau et le Réseau International des Organismes de Bassin y ont apporté leur expertise à travers l'animation d'un atelier stratégique et la mise en valeur de projets majeurs, Peer-to-Peer et DYNOBA, destinés à consolider les capacités des organismes de bassin africains.

Un rassemblement majeur pour relever les défis hydrologiques continentaux

L'Afrique fait face à une pression croissante sur ses ressources en eau sous le triple effet du changement climatique, d'une croissance démographique soutenue et de l'accélération du développement économique. Avec environ 60 bassins fluviaux et lacustres transfrontaliers concentrant 90 % des ressources en eaux de surface du continent, la compréhension approfondie des climats et des régimes hydrologiques constitue un préalable fondamental à toute démarche de gestion durable.

C'est dans ce cadre que s'est déroulée la 5e Conférence internationale sur les fleuves africains (ICAR 2026) à l'Université Mohammed V de Rabat, du 6 au 1 juillet 2026. Organisé à l'initiative du réseau international de recherche RHYMA-CES et financé par l'Institut de recherche pour le développement (IRD), l'événement a bénéficié du soutien du programme UNESCO FRIEND-Water et de l'Association internationale des sciences hydrologiques (AISH), renforçant la visibilité internationale de la recherche hydrologique régionale.

Une mobilisation active de l'OiEau et du RIOB au cœur des débats

A cette occasion, Christophe Brachet était présent, en tant que Directeur des programmes Afrique de l'Office International de l’Eau et représentant du Réseau International des Organismes de Bassin, dont le secrétariat technique permanent est assuré par l’OiEau.

Il a présenté les deux structures ainsi que leurs expertises et leurs missions, et a également animé un atelier interactif dédié à la gestion transfrontalière de l'eau en Afrique, permettant de dégager plusieurs constats et priorités d'action pour le continent.

Les échanges ont abordé la répartition équitable de la ressource entre les États, l'arbitrage des conflits, la hiérarchisation et l'efficacité des usages tels que l'irrigation ou l'hydroélectricité, ainsi que la lutte contre la pollution, issue notamment de l'exploitation minière. Les défis liés à l'implantation des grands barrages et aux divers modèles d'organismes de gestion des bassins transfrontaliers (OGBT) ont également été analysés. Les participants ont souligné l'urgence d'une volonté politique accrue et d'une meilleure efficacité des financements, trop souvent orientés vers des études au détriment d'actions concrètes sur le terrain.

Enfin, les débats ont mis en avant le besoin d'investir davantage dans la recherche, de promouvoir la collecte et le libre accès aux données entre pays, de resserrer les liens entre chercheurs et OGBT, et de mobiliser pleinement les instances régionales comme l'Union africaine et le Réseau africain des organismes de bassin.

Deux projets au service du renforcement des capacités

En réponse à ces enjeux, l'OiEau et le RIOB poursuivent le déploiement d'initiatives structurantes sur le terrain.

Conjointement avec le Réseau africain des organismes de bassin (RAOB) et grâce au financement de l'Union européenne pour la période 2024-2028, le RIOB joue un rôle central dans la mise en œuvre du projet « Peer-to-Peer » (P2P), axé sur le renforcement des capacités et les échanges entre pairs autour de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), un domaine où les bassins africains se positionnent à l'avant-garde.

Ainsi, le RIOB assure la structuration et le suivi des jumelages entre organismes, l'organisation d’événements pour le partage d’expériences — tels que des séminaires, webinaires et ateliers — ainsi que la production d'outils méthodologiques, indispensables au renforcement des capacités des structures bénéficiaires.

En parallèle, l'OiEau et le RIOB ont piloté au cours des trois dernières années le projet DYNOBA, financé par l'Agence française de développement (AFD), spécifiquement conçu pour renforcer le soutien institutionnel aux organismes de bassin transfrontaliers africains, notamment grâce au partage d’expériences.

Déclaration de Rabat : 10 recommandations pour l’avenir des fleuves africains

La Conférence ICAR 2026 s’est achevée avec l’adoption de la Déclaration de Rabat sur l’avenir des fleuves africains. Élaboré avec le concours de l’OiEau et du RIOB, ce texte fondateur émet dix recommandations clés visant à promouvoir des actions collectives, inclusives et fondées sur la recherche scientifique, avec un engagement fort des deux organismes sur le point six, qui porte sur le renforcement de la coopération sur l'eau et la biodiversité.

  1. Préserver les ressources en eau douce
  2. Mieux gérer la demande et la consommation d'eau en forte hausse
  3. Stopper la dégradation de la qualité de l'eau et des eaux souterraines
  4. Lutter contre la dégradation des terres et l'érosion des sols qui menacent le cycle de l'eau
  5. Lutter contre les déficits en sédiments causés par les barrages et le recul accéléré du littoral
  6. Renforcer la coopération internationale autour des fleuves partagés entre plusieurs pays, et de la biodiversité
  7. Protéger les populations contre les inondations et les sécheresses — et assurer l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène pour tous
  8. Renforcer et assurer la pérennité des réseaux d'observation hydrologique
  9. Intégrer toutes les connaissances et tous les acteurs — du patrimoine ancestral à l'espace et à l'IA
  10. Sensibiliser les générations futures au cycle de l'eau, à l'environnement et au bien-être

Lire la déclaration (en anglais)

En savoir +

DYNOBA - Dynamisation des Organismes de Bassin Transfrontaliers africains pour une gestion améliorée des ressources en eau dans contexte de changement climatique
AFRIQUE - Burkina Faso, Niger, Ouganda, Sénégal, Tchad
Janvier 2023 - Décembre 2025
Agence française de développement AFD; Réseau Africain des Organismes de Bassin RAOB; IRD; CNES
Découvrir le projet
P2P - Processus de soutien “peer to peer” pour les organismes de bassin
MONDE - Botswana, Brésil, Sénégal, Laos, Kenya, République démocratique du Congo, Bermudes
Août 2024 - Août 2028
Union Européenne - Direction Générale des Partenariats Internationaux
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