Cette fiche a été rédigée par l’équipe technique du RéFEA

LATRINES A TINETTE : PRESENTATION GENERALE

 

Le système d’évacuation des excréta provenant des latrines à tinette constitue l’une des formes les plus anciennes de l’assainissement organisé. On trouve encore de nombreuses latrines de ce type dans les quartiers les plus défavorisés du tiers monde (Asie, certains quartiers construits sans planification en Amérique du sud…) à cause de leur très faible coût. Dans les zones rurales ou périurbaines, les membres de la famille jettent les gadoues sur le tas de fumier ou les utilisent directement comme engrais. Dans les grandes et les petites villes, le ramassage des tinettes est souvent confié à des vidangeurs qui ont passé un contrat avec les usagers ou les municipalités . Les tinettes sont parfois vidées dans des récipients plus importants installés au voisinage des latrines ; les vidangeurs les transportent ensuite à la main ou sur la tête. Des charrettes à bras ou à traction animale, des bicyclettes et des tricycles sont aussi utilisés. Il est clair que ce type de latrines pose de réels problèmes sanitaires et qu’elles doivent être remplacées aussitôt que possible. Cependant, elles resteront encore, pour de nombreuses années, la seule forme d’assainissement que connaîtront les populations les plus défavorisées du tiers monde. Dans cette optique, ce qui suit doit être considéré comme des propositions d’amélioration en attendant de passer à des formes plus acceptables d’assainissement (cf. schéma ci-après).

Latrines à tinette (Source : Franceys R., Pickford J. & Reed R., 1995, Guide de l’assainissement individuel, Organisation mondiale de la santé).

 

 

 

Utilisation correcte.

On place une tinette en matériau résistant à la corrosion au-dessous du trou de défécation ou du siège d’une latrine à tinette, dont la chambre sera munie de portes arrières fermées, sauf lors du ramassage et du remplacement du récipient. On profitera du ramassage pour nettoyer la chambre. Lorsque la latrine n’est pas utilisée, on fait obstacle aux mouches en bouchant le trou au moyen d’un couvercle muni d’un long manche. Si on dispose d’un siège, on le munit d’un couvercle à charnière (cf . schéma ci-avant).

Le récipient sali doit être remplacé par un propre à intervalles réguliers, de préférence la nuit. Les tinettes pleines doivent aller ensuite dans un dépôt ou une station de transfert pour y être vidées, nettoyées et désinfectées avec un produit du types phénol ou crésol. Les récipients doivent être fermés par un couvercle ajusté pour leur transfert et les opérateurs doivent recevoir un vêtement de protection complet.

La gestion doit être très rigoureuse et les tinettes en mauvais état doivent être réparées ou remplacées et les véhicules de transport correctement entretenus.

Dans certaines installations, l’urine est détournée des tinettes afin de réduire le volume traité. Elle est dirigée vers des puits absorbants ou recueillie à part afin de servir directement comme engrais bien que cette solution ne soit pas forcément souhaitable du point de vue de la protection de la santé publique.

Les eaux de lavage des récipients et des chambres à tinettes doivent être envoyées dans des puits absorbants et ne doivent en aucun cas pouvoir polluer le sol environnant. A cause des risques sanitaires inhérents à ce système, les tinettes ne sont pas une formule d’assainissement à recommander. Elles devraient être remplacées dès que possible par des dispositifs plus appropriés.

 

Méthodes d’élimination

Il est absolument nécessaire de se prémunir contre la décharge des gadoues à tort et à travers, par exemple dans des cours d’eau ou en plein air où cela entraîne des risques trop élevés pour la santé publique.

 

Egouts

Dans le cas où l’agglomération est partiellement dotée du tout-à-l’égout, il peut être commode de vider les tinettes dans un collecteur. Il faut, dans ce cas, étudier avec soin les points de déversement pour éviter de contaminer les alentours et les installer aussi près que possible des stations d’épuration. Il est préférable d’ajouter de l’eau lors du déversement afin d’empêcher l’engorgement des égouts.

 

Station d’épuration

Le contenu des tinettes peut être déversé dans le courant des égouts à l’entrée de la station d’épuration, au niveau des décanteurs ou des bassins d’aération ou encore directement dans les bassins de stabilisation ou les cuves de digestion des boues.

 

Tranchées

On peut déverser les gadoues dans des tranchées profondes de 1 m. Ces tranchées sont remplies jusqu’à 300 mm du bord et on finit de les remplir avec de la terre excavée, bien compactée pour empêcher que les mouches n’apparaissent ou que les excréta ne soient déterrés par des animaux. En fin de journée, il est nécessaire de recouvrir tous les excréta à l’air libre avec au moins 200 mm de terre bien compactée. Une fois remplie, la tranchée ne doit pas être touchée pendant au moins deux ans. Ensuite, on peut de nouveau la creuser pour la réutiliser et se servir de son contenu comme engrais. On choisira le site des tranchées au voisinage de la zone de ramassage, mais loin des habitations. Le terrain devra posséder un sol poreux profond, être situé bien au-dessus de la nappe phréatique et ne pas être inondable.

 

Elimination en tranchées des excréta de latrines à tinette (Source : Franceys R., Pickford J. & Reed R., 1995, Guide de l’assainissement individuel, Organisation mondiale de la santé).