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Les 4èmes ”Etats Généraux de l’Eau en Montagne”

Publié : Novembre 2014

Les montagnards se mobilisent pour anticiper les effets du changement climatique sur les ressources en eau.

Les 4èmes ”Etats Généraux de l’Eau en Montagne”, organisés par Asters (Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie), le Fonds de dotation ”Montagne vivante” et l’Office International de l’Eau (OIEau), se sont tenus les 8, 9 et 10 octobre 2014, à Megève (Haute-Savoie).

Faisant suite aux précédentes éditions de 2002, 2006 et 2010, cette Conférence a donné l’alerte sur la nécessité d’adopter rapidement des stratégies d’adaptation face aux effets du réchauffement du climat sur les ressources en eau de montagne, territoires dans lesquels les principaux grands fleuves européens, Ebre, Danube, Pô, Rhin, Rhône, Vistule... et leurs principaux affluents, prennent leur source.

Le changement climatique ne fait aujourd’hui plus aucun doute et les montagnes européennes sont parmi ses premières victimes.

Avec la diminution de l’enneigement et la fonte des glaciers, les régimes hydrauliques de tous les grands fleuves européens, venant des montagnes, sont en train de se modifier. Or, la régularité du débit de ces fleuves est déterminante pour l’alimentation en eau potable des populations et pour le développement économique des piémonts et des plaines (hydroélectricité, navigation fluviale, irrigation, tourisme ou encore refroidissement des centrales thermiques ou électronucléaires, ...).

La satisfaction des besoins en eau, à l’avenir et pour tous les usages, est donc l’affaire de tous. La gestion de l’eau dans les hauts bassins versants est un enjeu stratégique pour les montagnards, mais aussi et surtout, pour les populations et l’économie... des plaines ! Il est désormais indispensable d’agir vite, si l’on veut que nos montagnes demeurent ”les châteaux d’eau de l’Europe”.

La fréquence et l’intensité des inondations en automne, hiver et printemps, ainsi que des sécheresses estivales vont singulièrement augmenter. Les changements climatiques provoqueront également en montagne une forte érosion, des glissements de terrains, une dégradation de la qualité des rivières et une augmentation de la température de l’eau. La production hydroélectrique, pourrait être réduite de -15 % ; le refroidissement des centrales thermiques et nucléaires sera plus difficile ; la navigation fluviale devra s’adapter, la compétition entre les usages de l’eau se fera plus vive, ...

Le temps presse : Il faut dès maintenant identifier et modéliser ces changements à l’échelle locale, afin de mettre en place les actions concrètes qui s’imposent d’urgence !

Lors des ”Etats Généraux de l’Eau en Montagne”, des expériences de terrain ont été présentées. Elles fonctionnent, donnent des résultats et peuvent être reproduites.
Il faut les diffuser :
  • D’abord, économiser l’eau et faciliter les recyclages : la recherche des fuites sur les réseaux d’eau potable, la réutilisation des eaux usées épurées, la recharge des nappes, la promotion des usages économes en eau doivent devenir des priorités.
  • Ensuite, repenser la gestion des eaux, des lacs, zones humides et des sols de montagne, en tenant compte des contraintes stratégiques de l’approvisionnement en eau des populations et des économies agricoles, industrielles et touristiques des piémonts et des plaines en aval. Il faut développer ”une nouvelle culture du risque”.
  • Enfin, mieux reconnaître le rôle des montagnes pour la collectivité dans son ensemble de l’amont jusqu’à l’aval des fleuves, dans le cadre de politiques intégrées des bassins.

Il faudra pour cela renforcer les mécanismes institutionnels et financiers et les réorienter vers ces nouvelles priorités, comme c’est le cas pour la ”GEMAPI” (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations). La planification doit se faire au niveau des bassins des grands fleuves et reposer sur une forte coopération intersectorielle et aussi internationale, quand les bassins sont transfrontaliers, comme dans le cas du Rhône avec la coopération franco-suisse.

Avec la Directive-Cadre sur l’Eau de 2000 et les Directives qui lui sont liées, l’Union Européenne dispose de l’outil efficace pour mettre concrètement en application ces stratégies d’adaptation. Elle exige d’ailleurs des Etats-Membres qu’ils intègrent des mesures appro- priées dans les prochains Plans de Gestion de Bassin et Programmes de Mesures 2016 - 2021, puis 2021 - 2027. Mettons-les vite en application !

Les participants ont d’ailleurs décidé la création d’un ”Réseau des Acteurs de l’Eau en Montagne” permettant de pérenniser leurs travaux entre deux Conférences, d’échanger et de promouvoir ces bonnes pratiques.