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La Gestion de l'Eau en France | ||
Trop longtemps considérée comme un
simple fluide ou un produit chimique, l'eau doit être aujourd'hui
envisagée comme un milieu de vie qu'il faut préserver
tant en quantité qu'en qualité et en diversité.
Trop longtemps considérées, du moins
dans les zones de climat humide, comme abondantes et gratuites,
les ressources en eau doivent être aujourd'hui gérées
comme un patrimoine précieux ; leurs usages doivent être
organisés pour permettre la satisfaction optimale de l'ensemble
des besoins, éviter les gaspillages, empêcher des
dégradations irréversibles et assurer les recyclages
indispensables, et, dans tous les cas, doivent être abordés
en termes de coûts et d'équilibres économiques
et financiers.
Ces questions sont certes complexes, et il est devenu
partout dans le Monde nécessaire de leur apporter des réponses
juridiques, organisationnelles et techniques qui puissent permettre
une réelle maîtrise de l'eau pour pouvoir :
- lutter contre l'érosion, soutenir les
étiages, prévenir les catastrophes naturelles et
les risques tels que les inondations ou la sécheresse,
- améliorer l'hygiène et la santé
des populations et prévenir les grandes maladies, tant
dans les collectivités villageoises que, de façon
urgente, dans les grandes agglomérations, et surtout leurs
extensions périurbaines, où doivent être organisés
des services d'adduction d'eau potable et de traitement des eaux
usées adaptés aux besoins en quantité comme
en qualité,
- assurer la production agro-alimentaire par
l'assainissement des terres et l'irrigation appropriée,
et développer l'aquaculture,
- permettre le développement de l'industrie,
la production énergétique et, dans certains secteurs,
la pratique des loisirs et du tourisme ainsi que des transports
fluviaux, notamment par des aménagements intégrés
à vocation polyvalente,
- prévenir les pollutions permanentes,
diffuses ou accidentelles, et préserver les équilibres
et les écosystèmes aquatiques.
Tous ces problèmes ne peuvent plus être
résolus de façon sectorielle et séparément
les uns des autres, mais doivent être abordés dans
le cadre d'une approche intégrée à l'échelle
géographique de chaque grande unité hydrographique.
Désormais, c'est au niveau de chaque affluent
(contrat de rivière, schémas d'aménagement
et de gestion des eaux), de chaque grand bassin versant (rôle
des Agences de l'Eau ...) et de plus en plus à l'échelle
internationale de continents entiers (grands fleuves, mers intérieures
ou internationales) que doivent être noués les accords,
définies les stratégies, conçus les programmes,
trouvés les financements et les moyens administratifs et
techniques de la gestion, contrôlés, surveillés
et validés les résultats ...
Cela suppose la mobilisation de moyens considérables
:
- moyens financiers, d'une part, pour moderniser
les installations existantes, créer les aménagements
et équipements nouveaux indispensables et établir
les réseaux de mesures et d'analyses nécessaires
à l'observation des phénomènes et de leurs
évolutions,
- moyens humains, d'autre part, pour organiser
les institutions et les structures de gestion, pour sensibiliser
les décideurs de tous niveaux et pour former les hommes,
professionnels et techniciens de l'eau (concepteurs, réalisateurs,
constructeurs, exploitants, distributeurs ...) et utilisateurs
(agriculteurs, aquaculteurs, industriels, pêcheurs, sportifs
...). La limitation des ressources humaines disponibles est, en
effet, un des points de blocages important du progrès dans
ce secteur, comme dans bien d'autres.
En France, la mise en place de la législation
et des structures administratives et techniques nécessaires
a été progressive.
Les réponses apportées, notamment à
partir de 1964 et actualisées en 1992, permettent aujourd'hui
à tous les partenaires impliqués dans la gestion
et l'usage de l'eau, reconnue comme un patrimoine commun de la
Nation, d'agir en concertation dans l'intérêt général.
Si elle ne doit pas être regardée comme
un modèle, cette expérience française peut
inspirer les Pouvoirs Publics d'autres pays pour les aider, compte
tenu de son antériorité et de ses résultats,
à mettre en place des organisations diversifiées
et adaptées à la satisfaction de leurs besoins locaux.
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