Messieurs les Présidents,
Mesdames, Messieurs,
Il y a tout juste six mois, j'avais le plaisir de recevoir la
confirmation que Marseille avait été choisie pour
accueillir le Siège du Conseil Mondial de l'Eau. Cette
décision confirmait la position de Marseille comme " capitale
de l'eau " proposée ensuite pour la tenue d'une
Conférence euro-méditerranéenne et interministérielle
consacrée à ce sujet.
Ce matin j'ai ainsi l'honneur d'ouvrir cette Conférence
euro-méditerranéenne sur la gestion de l'eau.
Je suis fier d'accueillir, sur le site du Palais du Pharo, édifié
sur les rives de la mer Méditerranée à l'endroit
même où les Grecs de Phocée se sont établis
il y a près de 26 siècles, des experts éminents,
spécialistes des questions touchant le domaine de l'eau,
ressource naturelle indispensable, source de vie que les pays
du Sud ont tant de mal à apprivoiser.
Je sais que vous avez la lourde et noble tâche de faire
acter ici à Marseille les principes d'une gestion commune
de cette richesse et qui seront demain soumis aux ministres des
vinght-sept pays que vous représentez en vue de l'adoption
de la " Déclaration Euro-méditerranéenne
sur la Gestion de l'Eau ".
Je suis d'autant plus fier que cette Conférence euro-méditerranéenne
sur la gestion de l'eau se tient à Marseille juste un an
après la Conférence de Barcelone du 28 novembre
1995 dont les déclarations ont eu pour objectif de jeter
les bases d'une solidarité devant exister dans la " zone
de prospérité partagée " qu'est
la Méditerranée.
La Commission Européenne a su reconnaître très
vite que la stabilité et la prospérité du
Bassin Méditerranéen étaient essentielles
pour l'Europe. La gestion de l'eau est l'un des enjeux majeurs
de cette prospérité.
Depuis quelques années Marseille n'a pas ménagé
ses efforts pour promouvoir cette politique de rééquilibrage
qui est menée autant par les institutions internationales
telles que l'Union Européenne mais également la
Banque Mondiale ou les Nations Unies que par le Gouvernement Central.
Le message de Marseille est que toutes les actions développées
doivent aboutir non seulement à considérer la Méditerranée
comme une entité géographique, économique
et spirituelle spécifique, mais aussi à instaurer
un équilibre autant nécessaire entre les riverains
du Nord et du Sud mais également entre les riverains de
l'Est et de l'Ouest.
Je sais que la plupart des experts présents à cette
table connaissent la réputation de Marseille et de la Région
Provençale dans le domaine de l'eau. L'exportation de leur
savoir-faire dans les pays du Sud a consacré notre ville
comme le centre de l'hydraulique méditerranéenne.
La Charte adoptée, lors de la Conférence de Rome
du 23 octobre 1992 avait décidé pour mener à
bien la coopération régionale, de la création
du réseau méditerranéen de l'eau dont la
mise en oeuvre avait été réétudiée
au cours des réunions de Valence en 1993 puis de Marseille
en 1994.
La Région Provence Alpes Côte d'Azur que j'ai l'honneur
de présider, a adhéré dès 1992, à
la Charte du Bassin Méditerranéen qui rassemble
six collectivités territoriales du pourtour de la Méditerranée
dont notre région PACA, la Région Languedoc - Roussillon,
la Catalogne, la Ligurie, le Gouvernorat de Tunis et la Province
de Tétouan.
La Charte a l'ambition de rallier d'autres nouvelles collectivités
territoriales. A leur échelle décisionnelle, ces
collectivités s'entendent à trouver un accord pour
la gestion partagée et la valorisation de leurs ressources
naturelles.
Lors de la réunion qui s'est tenue au Caire les 21 et 22
Octobre derniers, il a été reconnu que la coopération
décentralisée comme la mise en réseau des
partenaires intéressés par des coopérations
régionales, sont un moyen efficace pour une bonne gestion
durable de l'eau.
La coopération entre pays et institutions du Bassin Méditerranéen
et de l'Europe doit permettre d'accélérer les ajustements
en cours grâce à l'échange des expériences,
mais par ailleurs, il a été également recommandé
que les principes et les modalités d'actions de coopération
entre ces pays, relèvent de décisions nationales
en matière de gestion de l'eau.
C'est donc aujourd'hui au plus haut niveau décisionnel,
puisque seront présents demain à Marseille les Ministres
et Chefs de délégations compétents dans ce
domaine des quinze pays de l'Europe mais aussi des douze pays
du Bassin Méditerranéen, que les principes communs
dont l'application fera de la gestion de l'eau un facteur de coopération
dans la zone de solidarité partagée de l'Europe
et de la Méditerranée seront adoptés.
Mesdames et Messieurs, je formule tous mes voeux de réussite
au projet sur lequel vous allez à présent travailler.