CONFERENCE EURO-MEDITERRANEENNE
SUR LA GESTION LOCALE DE L'EAU

MARSEILLE - 26 NOVEMBRE 1996

M. Jean-Claude GAUDIN

Maire de Marseille

Ministre de la Ville et de l'Aménagement du Territoire

FRANCE

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NB : Seul le texte prononcé en séance fait foi

Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Il y a tout juste six mois, j'avais le plaisir de recevoir la confirmation que Marseille avait été choisie pour accueillir le Siège du Conseil Mondial de l'Eau. Cette décision confirmait la position de Marseille comme " capitale de l'eau " proposée ensuite pour la tenue d'une Conférence euro-méditerranéenne et interministérielle consacrée à ce sujet.

Ce matin j'ai ainsi l'honneur d'ouvrir cette Conférence euro-méditerranéenne sur la gestion de l'eau.

Je suis fier d'accueillir, sur le site du Palais du Pharo, édifié sur les rives de la mer Méditerranée à l'endroit même où les Grecs de Phocée se sont établis il y a près de 26 siècles, des experts éminents, spécialistes des questions touchant le domaine de l'eau, ressource naturelle indispensable, source de vie que les pays du Sud ont tant de mal à apprivoiser.

Je sais que vous avez la lourde et noble tâche de faire acter ici à Marseille les principes d'une gestion commune de cette richesse et qui seront demain soumis aux ministres des vinght-sept pays que vous représentez en vue de l'adoption de la " Déclaration Euro-méditerranéenne sur la Gestion de l'Eau ".

Je suis d'autant plus fier que cette Conférence euro-méditerranéenne sur la gestion de l'eau se tient à Marseille juste un an après la Conférence de Barcelone du 28 novembre 1995 dont les déclarations ont eu pour objectif de jeter les bases d'une solidarité devant exister dans la " zone de prospérité partagée " qu'est la Méditerranée.

La Commission Européenne a su reconnaître très vite que la stabilité et la prospérité du Bassin Méditerranéen étaient essentielles pour l'Europe. La gestion de l'eau est l'un des enjeux majeurs de cette prospérité.

Depuis quelques années Marseille n'a pas ménagé ses efforts pour promouvoir cette politique de rééquilibrage qui est menée autant par les institutions internationales telles que l'Union Européenne mais également la Banque Mondiale ou les Nations Unies que par le Gouvernement Central.

Le message de Marseille est que toutes les actions développées doivent aboutir non seulement à considérer la Méditerranée comme une entité géographique, économique et spirituelle spécifique, mais aussi à instaurer un équilibre autant nécessaire entre les riverains du Nord et du Sud mais également entre les riverains de l'Est et de l'Ouest.




Je sais que la plupart des experts présents à cette table connaissent la réputation de Marseille et de la Région Provençale dans le domaine de l'eau. L'exportation de leur savoir-faire dans les pays du Sud a consacré notre ville comme le centre de l'hydraulique méditerranéenne.

La Charte adoptée, lors de la Conférence de Rome du 23 octobre 1992 avait décidé pour mener à bien la coopération régionale, de la création du réseau méditerranéen de l'eau dont la mise en oeuvre avait été réétudiée au cours des réunions de Valence en 1993 puis de Marseille en 1994.

La Région Provence Alpes Côte d'Azur que j'ai l'honneur de présider, a adhéré dès 1992, à la Charte du Bassin Méditerranéen qui rassemble six collectivités territoriales du pourtour de la Méditerranée dont notre région PACA, la Région Languedoc - Roussillon, la Catalogne, la Ligurie, le Gouvernorat de Tunis et la Province de Tétouan.

La Charte a l'ambition de rallier d'autres nouvelles collectivités territoriales. A leur échelle décisionnelle, ces collectivités s'entendent à trouver un accord pour la gestion partagée et la valorisation de leurs ressources naturelles.

Lors de la réunion qui s'est tenue au Caire les 21 et 22 Octobre derniers, il a été reconnu que la coopération décentralisée comme la mise en réseau des partenaires intéressés par des coopérations régionales, sont un moyen efficace pour une bonne gestion durable de l'eau.

La coopération entre pays et institutions du Bassin Méditerranéen et de l'Europe doit permettre d'accélérer les ajustements en cours grâce à l'échange des expériences, mais par ailleurs, il a été également recommandé que les principes et les modalités d'actions de coopération entre ces pays, relèvent de décisions nationales en matière de gestion de l'eau.

C'est donc aujourd'hui au plus haut niveau décisionnel, puisque seront présents demain à Marseille les Ministres et Chefs de délégations compétents dans ce domaine des quinze pays de l'Europe mais aussi des douze pays du Bassin Méditerranéen, que les principes communs dont l'application fera de la gestion de l'eau un facteur de coopération dans la zone de solidarité partagée de l'Europe et de la Méditerranée seront adoptés.

Mesdames et Messieurs, je formule tous mes voeux de réussite au projet sur lequel vous allez à présent travailler.