EUROMED Déclaration de Marseille
Les ministres et chefs de délégations

participant à la Conférence euro-méditerranéenne de Marseille sur la gestion locale de l'eau:


  1. La gestion rationnelle de l'eau, sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels et des droits des générations futures, revêtent un intérêt majeur.

  2. La gestion de l'eau devrait contribuer à développer la solidarité entre les différents usagers. Les participants s'efforceront de répondre aux besoins de leur population dans le respect de l'intérêt général et des exigences d'une gestion équilibrée.

  3. Le développement économique et social exige des politiques de gestion de l'eau durable. Aussi, les politiques de développement économique et social doivent-elles prendre en compte les politiques de gestion de l'eau.

  4. Les politiques de gestion des usages et des ressources en eau doivent s'appuyer sur des schémas de développement à court, moyen et long terme tenant compte de critères sociaux, économiques et environnementaux.

  5. L'eau doit être gérée dans son cadre naturel. Les participants s'efforceront d'organiser leur politique de l'eau dans le cadre d'une approche globale et intégrée. Ces politiques seront coordonnées avec celles relatives à la gestion et la préservation des sols ainsi qu'à l'aménagement du territoire.

  6. L'eau demande une gestion concertée. La multiplicité des usages de l'eau implique des mécanismes institutionnels, juridiques, adaptés au contexte social, culturel, physique et économique, associant de manière directe ou indirecte les différentes catégories d'usagers. Cette gestion concertée est l'un des éléments de prévention des conflits. Elle doit être assurée à tous les niveaux appropriés.

  7. L'eau doit être économisée. Les participants chercheront à promouvoir des politiques de gestion de la demande et d'économies d'eau ainsi que des initiatives visant à combattre les pénuries d'eau.

  8. La qualité de l'eau doit être gérée. Les participants chercheront à promouvoir la mise en place de normes de qualité pour l'approvisionnement en eau de bonne qualité et le rejet des eaux usées assorties des moyens de détection et de contrôle. Ils considèrent comme important de mener une politique soutenue d'investissement dans ce domaine.

  9. L'eau a une valeur socio-économique. Les participants conviennent de la nécessité d'apprécier cette valeur. Ils entreprendront les analyses économiques et développeront les dispositifs de mesure permettant d'estimer le coût des prestations nécessaires à la mobilisation de l'eau, à sa distribution, à sa mise à disposition et à la garantie de sa qualité. Le prix de ces prestations, mis à la charge des usagers de façon appropriée, tiendra compte de ces coûts. A cet égard, il faudrait assurer efficacement un accès à l'eau potable pour les plus pauvres dans les zones rurales et urbaines.

  10. La gestion de l'eau nécessite des informations suffisantes et accessibles. Les participants s'efforceront de développer et harmoniser les méthodes d'administration (collecte, stockage, traitement, vérification, actualisation,...) des données concernant aussi bien la qualité, la quantité, les demandes, la ressource, la prévision des catastrophes et d'établir des échanges d'informations sur les politiques menées. Les participants conviennent d'améliorer l'accès à ces informations.

  11. Les cultures des riverains de la Méditerranée ont de tout temps accordé une place particulièrement importante à l'eau. Aujourd'hui, les programmes pédagogiques doivent, à tous les niveaux de l'éducation, mettre l'accent sur la valeur de l'eau. De plus, les participants poursuivront l'effort engagé en matière d'information et de sensibilisation à l'eau en Méditerranée.

  12. La gestion de l'eau nécessite des compétences. Les participants s'efforceront de soutenir l'élaboration ou la poursuite de programmes de formation aux métiers de l'eau, notamment ceux d'exécution, en y intégrant des aspects socio-économiques et environnementaux.

  13. Le décalage croissant entre les potentialités et les demandes prévisibles nécessite d'engager un effort important d'innovation. Les participants encourageront les recherches dans le domaine de l'eau sur différents thèmes (techniques, culturels, sociaux...). Ils poursuivront notamment leurs efforts scientifiques et techniques sur le développement de l'utilisation de nouvelles ressources en eau (recyclage, dessalement...).

  14. Les enjeux de la gestion future de l'eau sont primordiaux. En conséquence, les participants mettront en commun leurs savoir-faire et renforceront, dans la mesure du possible, leur coopération dans le domaine de la gestion de l'eau.

.

La Présidence de l'Union Européenne, représentée par M. Bernard ALLEN, Secrétaire d'Etat Irlandais à l'Environnement,
la Commission Européenne, représentée par Mme Emma BONINO, Commissaire Européen chargé de la Pêche, de la Politique des Consommateurs et de l'Aide Humanitaire,
l'Algérie représentée par M. Abdelnaceur KALLI, Directeur de Cabinet, Ministère de l'Equipement et de l'Aménagement du Territoire,
l'Allemagne, représentée par M. SPRANGER, Ministre de la Coopération et du Developpement,
l'Autriche, représentée par M. Wolfang STALZER, Directeur général en charge de l'Economie de l'Eau, Ministère de l'Agriculture,
la Belgique, représentée par M. Jan DE SCHUTTER, Administration du Milieu Naturel et du Paysage, Région de Flandre,
Chypre, représentée par M. Costas PÉTRIDES, Ministre de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et de l'Environnement;
le Danemark, représenté par M. Thomas BECKER, Conseiller technique du Ministre de l'Environnement,
l'Egypte, représentée par M. Abd El-Rahman SHALABY, Directeur du cabinet du Ministre des Travaux Publics et des Ressources Hydrauliques,
l'Espagne, représentée par Mme Isabel TOCINO, Ministre de l'Environnement,
la Finlande, représentée par Mme Sirkka HAUTOJÄRVI, Secrétaire général du Ministère de l'Environnement,
la France, représentée par Mme Corinne LEPAGE, Ministre de l'Environnement,
la Grèce, représentée par M. Theodoros KOLIOPANOS, Secrétaire d'Etat à l'Environnement,
l'Irlande, représentée par M. Bernard ALLEN, Secrétaire d'Etat à l'Environnement,
Israel, représenté par M. Gidon ZUR, Commissaire à l'Eau, Ministère de l'Agriculture,
l'Italie, représentée par M. Giovanni Francesco MATTIOLI, Vice-Ministre des Travaux Publics,
la Jordanie, représentée par M. Samir KAWAR, Ministre de l'Eau et de l'Irrigation,
le Liban, représenté par M. Ali HRAJLI, Ministre des Transports,
le Luxembourg, représenté par M. Johny LAHURE, Ministre de l'Environnement,
Malte, représentée par M. Charles BUHAGIAR, Ministre des Travaux Publics et de la Construction,
le Maroc, représenté par M. Abdelaziz MEZIANE, Ministre des Travaux Publics,
les Pays-Bas, représentés par M. Jan HOOGLAND, Directeur général adjoint, Ministère des Transports, des Travaux Publics et de la Gestion de l'Eau,
le Portugal, représenté par M. Pedro SERRA, Président de l'Institut National de l'Eau,
le Royaume-Uni, représenté par M. Neil SUMMERTON, Directeur de l'Eau, Ministère de l'Environnement,
la Suède, représentée par M. Mats KARLSSON, Secrétaire d'Etat à la Coopération Internationale,
la Syrie, représentée par M. Abdul Rahman MADANI, Ministre de l'Irrigation,
la Tunisie, représentée par M. Mohamed Mehdi MLIKA, Ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire,
la Turquie, représentée par M. Recai KUTAN, Ministre de l'Energie et des Ressources Naturelles,
l'Autorité Palestinienne, représentée par M. Riyad EL-KHOUDARY, Président de l'Université Al-Azhar,


Retour
Secrétariat de la conférence Email / Courriel EUROMED