participant à la Conférence euro-méditerranéenne de Marseille sur la gestion locale de l'eau:
réaffirment les principes figurant dans la déclaration
et le programme de travail adopté à Barcelone le 28 novembre 1995, dans toutes
ses composantes : politique, économique, culturelle et sociale ;
reconnaissent que les ressources en eau sont limitées,
qu'elles deviennent rares et que les coûts de développement deviennent prohibitifs;
reconnaissent que l'eau n'est pas seulement un bien de
valeur économique, mais aussi un élément important de tous les écosystèmes
à protéger;
sont conscients de la nécessité de définir un ensemble
de principes communs dont l'application fera de l'eau un facteur de coopération;
soulignent l'importance des enjeux liés à l'eau dans
la construction d'une zone de solidarité Euro-Méditerranéenne en vue de réaliser
les objectifs du partenariat lancé à Barcelone;
sont désireux de donner une impulsion nouvelle à la coopération
Euro-Méditerranéenne dans le domaine de la gestion de l'eau et d'établir les
lignes directrices d'une coopération dans ce secteur;
prennent note des recommandations et du relevé des conclusions
techniques des ateliers d'experts du Caire du 21 et 22 Octobre et de Marseille
du 25 novembre 1996;
confirment et complètent les principes de la charte
de Rome en date du 23 octobre 1992. Ils conviennent de respecter, chacun en
ce qui les concerne, les principes et les modalités d'action présentées ci-dessous.
La gestion rationnelle de l'eau, sa protection, sa mise en valeur et le
développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels
et des droits des générations futures, revêtent un intérêt majeur.
La gestion de l'eau devrait contribuer à développer la solidarité entre
les différents usagers. Les participants s'efforceront de répondre aux besoins
de leur population dans le respect de l'intérêt général et des exigences d'une
gestion équilibrée.
Le développement économique et social exige des politiques de gestion de
l'eau durable. Aussi, les politiques de développement économique et social
doivent-elles prendre en compte les politiques de gestion de l'eau.
Les politiques de gestion des usages et des ressources en eau doivent s'appuyer
sur des schémas de développement à court, moyen et long terme tenant compte
de critères sociaux, économiques et environnementaux.
L'eau doit être gérée dans son cadre naturel. Les participants s'efforceront
d'organiser leur politique de l'eau dans le cadre d'une approche globale et
intégrée. Ces politiques seront coordonnées avec celles relatives à la gestion
et la préservation des sols ainsi qu'à l'aménagement du territoire.
L'eau demande une gestion concertée. La multiplicité des usages de l'eau
implique des mécanismes institutionnels, juridiques, adaptés au contexte social,
culturel, physique et économique, associant de manière directe ou indirecte
les différentes catégories d'usagers. Cette gestion concertée est l'un des
éléments de prévention des conflits. Elle doit être assurée à tous les niveaux
appropriés.
L'eau doit être économisée. Les participants chercheront à promouvoir des
politiques de gestion de la demande et d'économies d'eau ainsi que des initiatives
visant à combattre les pénuries d'eau.
La qualité de l'eau doit être gérée. Les participants chercheront à promouvoir
la mise en place de normes de qualité pour l'approvisionnement en eau de bonne
qualité et le rejet des eaux usées assorties des moyens de détection et de
contrôle. Ils considèrent comme important de mener une politique soutenue
d'investissement dans ce domaine.
L'eau a une valeur socio-économique. Les participants conviennent de la
nécessité d'apprécier cette valeur. Ils entreprendront les analyses économiques
et développeront les dispositifs de mesure permettant d'estimer le coût des
prestations nécessaires à la mobilisation de l'eau, à sa distribution, à sa
mise à disposition et à la garantie de sa qualité. Le prix de ces prestations,
mis à la charge des usagers de façon appropriée, tiendra compte de ces coûts.
A cet égard, il faudrait assurer efficacement un accès à l'eau potable pour
les plus pauvres dans les zones rurales et urbaines.
La gestion de l'eau nécessite des informations suffisantes et accessibles.
Les participants s'efforceront de développer et harmoniser les méthodes d'administration
(collecte, stockage, traitement, vérification, actualisation,...) des données
concernant aussi bien la qualité, la quantité, les demandes, la ressource,
la prévision des catastrophes et d'établir des échanges d'informations sur
les politiques menées. Les participants conviennent d'améliorer l'accès à
ces informations.
Les cultures des riverains de la Méditerranée ont de tout temps accordé
une place particulièrement importante à l'eau. Aujourd'hui, les programmes
pédagogiques doivent, à tous les niveaux de l'éducation, mettre l'accent sur
la valeur de l'eau. De plus, les participants poursuivront l'effort engagé
en matière d'information et de sensibilisation à l'eau en Méditerranée.
La gestion de l'eau nécessite des compétences. Les participants s'efforceront
de soutenir l'élaboration ou la poursuite de programmes de formation aux métiers
de l'eau, notamment ceux d'exécution, en y intégrant des aspects socio-économiques
et environnementaux.
Le décalage croissant entre les potentialités et les demandes prévisibles
nécessite d'engager un effort important d'innovation. Les participants encourageront
les recherches dans le domaine de l'eau sur différents thèmes (techniques,
culturels, sociaux...). Ils poursuivront notamment leurs efforts scientifiques
et techniques sur le développement de l'utilisation de nouvelles ressources
en eau (recyclage, dessalement...).
Les enjeux de la gestion future de l'eau sont primordiaux. En conséquence,
les participants mettront en commun leurs savoir-faire et renforceront, dans
la mesure du possible, leur coopération dans le domaine de la gestion de l'eau.
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La Présidence de l'Union Européenne, représentée par M. Bernard ALLEN, Secrétaire d'Etat Irlandais à l'Environnement,
la Commission Européenne, représentée par Mme Emma BONINO, Commissaire Européen chargé de la Pêche, de la Politique des Consommateurs et de l'Aide Humanitaire,
l'Algérie représentée par M. Abdelnaceur KALLI, Directeur de Cabinet, Ministère de l'Equipement et de l'Aménagement du Territoire,
l'Allemagne, représentée par M. SPRANGER, Ministre de la Coopération et du Developpement,
l'Autriche, représentée par M. Wolfang STALZER, Directeur général en charge de l'Economie de l'Eau, Ministère de l'Agriculture,
la Belgique, représentée par M. Jan DE SCHUTTER, Administration du Milieu Naturel et du Paysage, Région de Flandre,
Chypre, représentée par M. Costas PÉTRIDES, Ministre de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et de l'Environnement;
le Danemark, représenté par M. Thomas BECKER, Conseiller technique du Ministre de l'Environnement,
l'Egypte, représentée par M. Abd El-Rahman SHALABY, Directeur du cabinet du Ministre des Travaux Publics et des Ressources Hydrauliques,
l'Espagne, représentée par Mme Isabel TOCINO, Ministre de l'Environnement,
la Finlande, représentée par Mme Sirkka HAUTOJÄRVI, Secrétaire général du Ministère de l'Environnement,
la France, représentée par Mme Corinne LEPAGE, Ministre de l'Environnement,
la Grèce, représentée par M. Theodoros KOLIOPANOS, Secrétaire d'Etat à l'Environnement,
l'Irlande, représentée par M. Bernard ALLEN, Secrétaire d'Etat à l'Environnement,
Israel, représenté par M. Gidon ZUR, Commissaire à l'Eau, Ministère de l'Agriculture,
l'Italie, représentée par M. Giovanni Francesco MATTIOLI, Vice-Ministre des Travaux Publics,
la Jordanie, représentée par M. Samir KAWAR, Ministre de l'Eau et de l'Irrigation,
le Liban, représenté par M. Ali HRAJLI, Ministre des Transports,
le Luxembourg, représenté par M. Johny LAHURE, Ministre de l'Environnement,
Malte, représentée par M. Charles BUHAGIAR, Ministre des Travaux Publics et de la Construction,
le Maroc, représenté par M. Abdelaziz MEZIANE, Ministre des Travaux Publics,
les Pays-Bas, représentés par M. Jan HOOGLAND, Directeur général adjoint, Ministère des Transports, des Travaux Publics et de la Gestion de l'Eau,
le Portugal, représenté par M. Pedro SERRA, Président de l'Institut National de l'Eau,
le Royaume-Uni, représenté par M. Neil SUMMERTON, Directeur de l'Eau, Ministère de l'Environnement,
la Suède, représentée par M. Mats KARLSSON, Secrétaire d'Etat à la Coopération Internationale,
la Syrie, représentée par M. Abdul Rahman MADANI, Ministre de l'Irrigation,
la Tunisie, représentée par M. Mohamed Mehdi MLIKA, Ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire,
la Turquie, représentée par M. Recai KUTAN, Ministre de l'Energie et des Ressources Naturelles,
l'Autorité Palestinienne, représentée par M. Riyad EL-KHOUDARY, Président de l'Université Al-Azhar,