Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureuse d'être avec vous pour clôturer cette
journée et vous faire part de l'appréciation de
la Commission pour le travail accompli à Marseille.
Puisque lors de la Conférence de Barcelone, les vingt-sept
Ministres des Affaires Etrangères avaient mis spécifiquement
en évidence la priorité qu'ils accordaient au thème
de l'eau, je vous parlerai d'abord de ce thème.
Puisque nous célébrerons demain le premier anniversaire
de la Déclaration de Barcelone, je voudrais également
vous parler du Partenariat euro-méditerranéen en
général.
1 - LE THEME DE L'EAU
A Barcelone, les Ministres ont souhaité reconnaître
la valeur stratégique de l'utilisation et de la disponibilité
des ressources dans tout effort de développement des pays
de la zone méditerranéenne, qu'elles appartiennent
à l'Union Européenne ou qu'elles se situent sur
la rive sud de la Méditerranée.
Mais en élaborant le programme de travail de la Conférence
de Barcelone, les Ministres ont également souhaité
que le thème de l'eau, si complexe dans ses implications,
soit au centre du nouveau dialogue régional décidé
entre les vingt-sept Partenaires.
C'est ce que vous avez fait ici à Marseille et je me félicite
que vos travaux se soient déroulés dans cette perspective
de dialogue et qu'aujourd'hui une pierre importante soit ajoutée
à l'édifice du Partenariat euro-méditerranéen.
Les recommandations des experts et les travaux de cette journée
ministérielle permettent de compter sur une contribution
technique et politique décisive que la Commission s'engage
à mettre en oeuvre concrètement dès les prochains
mois.
Je n'insisterai pas sur le caractère crucial de la gestion
locale de l'eau dans la région euro-méditerranéen
et sur la nécessité de faire face à la pénurie.
Vous l'avez fait, Mesdames et Messieurs les Ministres, mieux que
moi au cours de la journée. Laissez-moi simplement insister
sur trois points :
- l'initiative de Marseille est essentielle aux yeux de la Commission
car elle permet de placer le problème dans un contexte
réellement euro-méditerranéen. La Charte
de Rome adoptée en septembre 1992 est un excellent document,
mais il n'inclue pas l'ensemble des pays de l'Union Européenne.
La Déclaration de Marseille élargit donc les possibilités
d'échange de savoir-faire, elle permettra de relier les
pays méditerranéens à l'ensemble de l'Europe
;
- le " système euro-méditerranéen
d'information sur les savoir-faire dans le domaine de la gestion
de l'eau " va au-delà d'un simple réseau
régional. Il doit permettre la mise en place des structures
de formation et d'échanges de données. Je souhaite
qu'il soit conçu comme une fenêtre ouverte, facilement
utilisable par tous, qu'il mette en commun les qualités
techniques des uns et des autres et qu'il bénéficie
des technologies de l'information. En tant qu'émanation
de votre volonté conjointe, un tel système pourra
bénéficier de l'appui du Programme MEDA ;
- la déclaration de Marseille et les principes qu'elle
contient deviendront les instruments de gestion quotidienne des
services de la Commission afin de guider et de formuler la mise
en place de projets de coopération bilatérale dans
le domaine de l'eau. Cet instrument stratégique servira
de la même façon aux gestionnaires des Partenaires
méditerranéens.
2 - LE PARTENARIAT EURO-MEDITERRANEEN
Je ne voudrais pas laisser passer cette occasion de dire quelques
mots du Partenariat euro-méditerranéen, instauré
il y a tout juste un an à Barcelone, et m'interroger avec
vous sur le premier bilan que l'on peut faire de son application.
Qu'est ce que le Partenariat euro-méditerranéen
? C'est avant tout un cadre de dialogue sur les plans politique,
économique et social. C'est aussi une série d'objectifs
précis et ambitieux:
- instaurer une zone de paix et de stabilité ;
- instaurer le libre-échange à l'horizon 2010 ;
- développer les relations dans les domaines social, culturel
et humain.
Le Partenariat euro-méditerranéen innove ; il est
doté de moyens substantiellement renforcés, il implique
la société civile et les opérateurs économiques
tout autant que les gouvernements et il est mis en oeuvre sur
deux plans distincts et complémentaires :
- celui des Accords d'Association déjà signés
avec la Tunisie, Israël et le Maroc, en voie d'être
conclus avec l'Egypte, la Jordanie, le Liban et l'Autorité
palestinienne, ou qui restent à négociés
avec l'Algérie et la Syrie ;
- celui du dialogue régional et des projets conjoints sur
des thèmes d'intérêt commun. Cette Conférence
euro-méditerranéenne sur la gestion de l'eau est
un exemple parfait d'un cadre de dialogue thématique qui
permet de mieux comprendre les politiques des uns et des autres,
d'échanger des savoir-faire, de bâtir un mécanisme
commun d'information et de coopérer au niveau régional.
Il ne s'agit pas de remplacer les projets que la Commission Européenne
met en oeuvre avec chacun des Partenaires Méditerranéens,
mais plutôt de les compléter chaque fois que le niveau
régional est approprié.
Cette conférence n'est pas le lieu de dresser un bilan
exhaustif du Partenariat euro-méditerranéen un an
après Barcelone - la Commission le fera demain à
Bruxelles - mais qu'il me soit permis se saluer ici les efforts
accomplis depuis le Conseil Européen de Cannes et la Conférence
de Barcelone. Nous nous trouvons devant un bilan très substantiel
et je voudrais citer seulement quelques exemples :
- au plan politique, les vingt-sept Gouvernements ont agréé
un ensemble de mesures de confiance et travaillent ensemble à
l'élaboration d'une Charte de stabilité. Dans le
climat actuel au Proche-Orient, ce n'est pas un mince résultat.
Autre exemple à un niveau plus modeste mais significatif,
la Commission Européenne a lancé un programme de
formation et d'information des jeunes diplomates des vingt-sept
pays afin qu'il apprennent à se connaître et à
travailler ensemble ;
- au plan économique, les vingt-sept partenaires ont déjà
mis sur pied des réseaux communs entre opérateurs
énergétiques, ils s'apprêtent à la
faire entre les fédérations industrielles, les banques,
les chambres de commerce ou les instituts de recherche économique.
Conformément à sa tradition, Marseille, à
travers sa présidence de l'Association des Chambres de
Commerce de la Méditerranée ou à travers
l'Institut de la Méditerranée qui a son siège
ici même au Palais du Pharo, joue un rôle important
dans ce processus de rapprochement entre Europe et Méditerranée.
En conclusion, permettez-moi de saluer ici les efforts du Gouvernement
français pour l'organisation de cette Conférence,
votre présence témoignant mieux que moi du succès
de cette initiative.