EDUCATION ET FORMATION: L'EXPERIENCE DE L'OFFICE NATIONAL DE L'EAU POTABLE

par M. Mohamed Regragui, Directeur de la Coopération et de la Communication (ONEP) - MAROC



I. CE QU'EST L'ONEP

Placé sous la tutelle du Ministère des Travaux Publics, l'Office National de l'Eau Potable (ONEP) créé en 1972, est un organisme public à caractère industriel et commercial doté de l'autonomie financière. Il est chargé de la planification nationale du secteur de l'eau potable, de l'étude, de la réalisation et de la gestion de la production en milieu urbain, ainsi que la distribution dans les centres que les communes lui confient sous forme de concession ou de gérance. Cet office est également chargé du contrôle de qualité des eaux qu'il produit et du contrôle de pollution des ressources susceptibles d'être utilisées pour l'alimentation humaine. Il participe également à la préparation des textes réglementaires.

II. POSITION DU PROBLÈME

Le Maroc a connu à la fin des années 70 des cycles de sécheresse répétés affectant dangereusement ses ressources en eau. Devant le problème de réduction des niveaux des ressources et l'accroissement de la demande, des mesures ont été prises pour résoudre au mieux ce dilemme. Une stratégie a été alors mise en place basée principalement sur une planification dynamique, une exploitation rationnelle des installations et un train de mesures d'accompagnement s'intéressant à l'ensemble du cycle de l'eau (quantité et qualité des ressources, protection des captages, recherches des fuites, assainissement, usagers).

En ce qui concerne l'économie de l'eau, des campagnes intensives de recherche des fuites ont été réalisées, une tarification dissuasive et un programme d'information et de sensibilisation des usagers et des industriels ont été mis en place.

. Pourquoi communiquer ?

Pour protéger et économiser les ressources en eau, il faut communiquer avec l'usager de ces ressources, principal intéressé et concerné par leur disponibilité et/ou rareté, leur qualité et/ou leur dégradation, etc., car en fin de compte, c'est à lui qu'incombe la responsabilité de bien utiliser l'eau et d'éviter de participer à sa dégradation.

L'idée est que l'eau est un don du ciel (qui coule de source et qu'il n'y a pas lieu de payer) est assez ancrée dans les esprits et qu'il faut mener un travail de longue haleine pour faire admettre que l'eau potable qui arrive au robinet est un produit fini qui a subi des traitements avant d'être transporté et acheminé jusqu'au foyer de l'usager.

. Avec qui communiquer ?

Il faut bien réfléchir à la cible pour éviter une déperdition ou un égarement de la communication.

En matière d'eau potable, le contexte exige de communiquer avec deux cibles principales: le milieu urbain et le milieu rural, chacun ayant ses caractéristiques propres.

En milieu urbain, le ciblage doit porter sur au moins trois catégories : a) le grand public, b) les jeunes, vu leur forte implication dans l'usage de l'eau potable, c) les femmes, vu leur rôle prépondérant au foyer et par conséquent dans la consommation de l'eau.

En milieu rural, l'intérêt doit être centré davantage sur la femme.

Ces actions doivent nécessairement être soutenues par les élus à travers une information adéquate et une sensibilisation accrue de ces derniers.

. Sur quoi ?

Il faut définir le ou les messages à communiquer. Ce choix est d'une importance capitale si l'on ne veut pas aboutir à l'inverse des résultats escomptés.

. Comment communiquer ?

Il est fort fâcheux de se tromper sur la façon de communiquer. D'où donc l'ultime nécessité de concevoir et d'affiner une pédagogie appropriée aux objectifs escomptés et aux cibles retenues. D'où donc le choix judicieux des supports et leur adaptabilité aux cibles, aux messages et aux contextes.

. Quelle durée ?

Selon les objectifs visés, on doit arrêter la durée. Faut-il parler de campagnes qui sont par définition limitées dans le temps, ou au contraire concevoir des actions permanentes et durables, ou combiner les deux formules à la fois ?

Il est évident que, dans un pays à climat semi-aride et victime, de surcroît, de sécheresses chroniques répétées, seules des actions durables jumelées à des campagnes ponctuelles peuvent induire les résultats escomptés.

. Quel Coût ?

Sans les ressources humaines (mobilisation du personnel), et financières (les médias et l'édition des supports coûtent cher) appropriées, la communication ne peut atteindre les objectifs escomptés.

III. DÉMARCHE ADOPTÉE PAR L'ONEP

1 - Enquête préliminaire

Nous avons été confrontés à un préalable de taille, à savoir: doit-on parler d'économie d'eau à des personnes qui n'en disposent pas ? Car l'alimentation en eau potable couvre inégalement le pays, et même en milieu urbain, le taux de branchement reste faible (45% en 1982). A ceci, il faut ajouter la modicité des factures, ce qui est loin de militer pour l'incitation à des économies d'eau.

Pour tenter de surmonter ce préalable, l'idée d'une enquête préliminaire semblait judicieuse. Vu l'importance de Casablanca et sa banlieue, et son caractère cosmopolite, cette ville a été retenue comme lieu d'enquête.

. Les buts attendus de cette étude

a) La connaissance des schémas rattachés à l'eau et à son économie chez le public.

b) L'évaluation de l'impact de telles actions/campagnes.

c) L'identification des motivations susceptibles d'inciter les non abonnés à se raccorder au réseau.

La cible a été subdivisée en 3 catégories:

- Consommateurs réels particuliers, c'est à dire ceux qui ont effectivement l'eau potable à domicile.

- Non consommateurs réels particuliers, c'est à dire ceux qui ont d'autres modes d'approvisionnement.

- Consommateurs réels industriels utilisant l'eau potable.

Avec la première catégorie, il a été procédé à des réunions de groupes avec 100 consommateurs répartis selon le sexe et le niveau de revenu.

Avec la seconde catégorie, il a été procédé à des réunions de groupes avec 100 personnes utilisant les fontaines publiques, les puits, les sources et les rivières ou achetant leur eau à un vendeur d'eau.

Les informations recueillies ont été complétées par une enquête par questionnaire.

Pour les consommateurs industriels, 100 directeurs techniques d'entreprises industrielles appartenant à des branches très diverses ont été interrogés.

. Les résultats

Les résultats globaux de cette étude se présentaient comme suit:

- Favorables à l'économie d'eau: 87,6%

- Favorables à la campagne en faveur de l'économie de l'eau : 89,6%

- Pensant que cette campagne aura un impact sur le public : 78%

Les résultats concernant l'identification des images rattachées à l'eau et à son économie permettent:

- La relation eau-hygiène: il s'avère que la cible différencie parfaitement l'utilisation normale et nécessaire de l'utilisation superflue. Ainsi donc le concept d'utilisation de l'eau nécessaire, mais sans gaspillage, n'est pas à créer entièrement, il suffira de l'approfondir.

- L'image de qualité, malheureusement peu justifiée, que garde l'eau de puits dans l'esprit de la population non reliée au réseau est à signaler.

- Les consommateurs les plus sensibles au prix de l'eau sont ceux qui font appel aux porteurs d'eau (50 fois plus cher).

- La synthèse des renseignements sur l'image de l'eau telle qu'elle est perçue par la population pourrait être définie ainsi:

* l'eau est rare et précieuse, elle est nécessaire pour assurer l'avenir.

* utiliser l'eau sans la gaspiller équivaut à économiser de l'argent.

Donc l'image de l'eau rare et précieuse n'est pas à créer, mais elle est à promouvoir. Il faut par contre souligner la qualité de l'eau et le coût de sa production et enfin les moyens pratiques à mettre en oeuvre par le consommateur pour l'économiser.

2 - Élaboration du message

Après cette enquête préliminaire qui a crédibilisé le lancement des actions/campagnes à entreprendre, il était impératif de bien choisir ce qu'il fallait dire aux gens, à savoir le message. Celui qui a été retenu est le suivant: "L'eau potable est nécessaire à la santé, utilisez la sans la gaspiller".

Ce message a été érigé en slogan permanent. Pourquoi le choix de ce slogan ? Comme nous allons pouvoir le constater, il va pouvoir inspirer le contenu de tous les messages à développer.

. L'eau potable : toute eau n'est pas bonne à boire. Pour la rendre potable, il faut la transporter jusqu'aux stations pour la traiter, la stocker puis la distribuer jusqu'au robinet du consommateur. Toutes ces manipulations nécessitent des moyens financiers importants.

. est nécessaire à la santé : que peut-on faire sans eau en effet ? Elle est nécessaire à la vie, nécessaire à l'hygiène, etc. Sans eau potable, l'usager est exposé à un certain nombre de maladies aussi dangereuses les unes que les autres. L'eau potable a été contrôlée dans des laboratoires performants, permettant d'éliminer tous les germes nuisibles. D'où le lien étroit entre eau potable et santé.

. utilisez-la : on encourage ainsi les gens à avoir un accès facile à l'eau potable, soit par le branchement direct, soit par l'utilisation de bornes-fontaines, évitant ainsi de recourir à l'eau colportée qui n'exclut pas les maladies hydriques par son approvisionnement à partir de ressources non sûres, en plus de son coût élevé par rapport à celui de l'eau de robinet ou de la borne-fontaine.

. sans la gaspiller : source rare et précieuse, l'eau potable doit être économisée car, en plus de sa rareté, elle a nécessité d'importants investissements. Tout gaspillage entraîne dont en plus des rejets pollués et polluants, l'affaiblissement de l'effort de généralisation de l'accès de l'eau potable à ceux qui n'en ont pas, et la déviation des investissements, etc. Gaspiller l'eau équivaut à en priver d'autres et à payer un service non utilisé.

Comme nous venons de le voir, ce slogan est par lui-même tout un programme d'actions éducatives, de formation et de sensibilisation.

IV - CHANGEMENT DE COMPORTEMENT

1 - Dresser le profil de l'usager

. L'usager particulier

- a besoin d'eau tout le temps,

- veut une eau potable et tout le temps potable,

- ne veut pas d'interruption (ou de coupures) du service,

- veut payer le moins cher possible,

- veut être informé objectivement et constamment sur le produit qu'on lui livre,

- proteste à la moindre défaillance ou à la moindre augmentation de la facture

. L'industriel

En plus de certains traits communs avec le particulier, il veut pour certaines utilisations une eau plus pure.

. L'usager collectif

Dans les installations à usage collectif, il y a absence de responsabilité et de prise de conscience que ce qui coûte à la collectivité coûte aussi à chacun.

Pour ces habitudes à penser et mode de vie, l'usager est en mesure de modifier son comportement vis à vis de l'eau, puisqu'il a la volonté de le faire.

. Rôle des décideurs et élus

Il s'agit d'une cible privilégiée dont le rôle est capital dans tous projets d'information, de sensibilisation et d'éducation des populations. Leur adhésion à tous les niveaux de ces projets (conception, démarche, organisation, ...) ainsi que leur appui constitue une condition sine qua non et un garant pour la réussite des projets en question.

Difficultés inhérentes au matériel mis à sa disposition

L'usager n'est pas le seul responsable de tous les maux relatifs au gaspillage. En voici quelques exemples:

- Les fuites après compteurs peuvent être dues à la mauvaise conception des installations intérieures, à leur vétusté et à leur mauvais entretien.

- L'inéquation des équipements sanitaires et ménagers susceptibles d'entraîner des fuites ou des consommations excessives.

- La pression excessive sur le réseau qui favorise l'apparition des fuites, détériore les équipements et entraîne une surconsommation.

* chasse-d'eau ayant une grande capacité et système du tout ou rien,

* lave-linge et lave-vaisselle qui consomment beaucoup,

* baignoire de grande dimension,

* emplacement des chaudières et chauffe-eau, loin des points d'utilisation, ce qui entraîne une perte d'eau froide avant l'arrivée de l'eau chaude, et une quantité d'eau chaude qui reste dans les conduites.

L'encouragement à la fabrication et à la commercialisation d'appareils permettant des économies d'eau peut contribuer largement à la lutte contre le gaspillage en aidant l'usager dans sa volonté de faire l'effort d'économiser.

On sait que, dans le domaine industriel, un gain de 40 à 70% de la consommation a été obtenu dans les pays développés par l'introduction de technologies dites propres limitant l'utilisation de l'eau et favorisant le recyclage.

II - Comment changer les comportements ?

. Informer et sensibiliser

Ceci renvoie à une motivation de formation du public sur un sujet d'intérêt national, ce qui exclut toute forme de conditionnement du public. L'information nécessite une approche étape par étape.

Durant la première étape, il s'agissait de véhiculer des informations sur les différentes phases de traitement, les usages quotidiens de l'eau, sa qualité, les cas fréquents de gaspillage (vaisselle, voiture, fuites...). Pour ce faire, trois films ont été réalisés.


* Générique : (utilisation quotidienne). En prises de vues réelles et en animation, ce film rappelle l'importance de l'eau potable et les différentes utilisations quotidiennes en mettant l'accent sur l'aspect QUALITÉ avec laquelle elle parvient aux consommateurs.

* Techniques de traitement : ce film explique, d'une façon simple, par des dessins animés et prises de vues réelles, les procédés de traitement et le contrôle de qualité opéré au cours du processus.

* Moyens scientifiques de contrôle : réalisé en prises de vues réelles, ce spot montre les moyens mis en oeuvre au laboratoire de contrôle de qualité des eaux de l'ONEP, pour assurer, efficacement et sûrement, cette fonction dans les différents stades de production et de distribution, quelle que soit l'origine de la ressource.

. Guider

Ceci nécessite de concevoir les messages sous forme de conseils pratiques. C'est ainsi que les premiers spots sont des films "conseils", qui, en première phase au travers de dessins animés, ont mis en parallèle la mauvaise et la bonne utilisation de l'eau potable dans les cas le plus classiques de gaspillage par manque d'information. En deuxième phase des conseils pratiques ont été présentés sous forme de films en prises réelles sur : l'arrosage, le lavage des trottoirs, la réduction de la pression à domicile, la réparation des fuites, la diminution du volume de la chasse d'eau, les traitements des eaux, le contrôle de qualité, les dangers de la pollution (pollution, assainissement, déchets ...), etc...

. Responsabiliser

- Faire connaître à l'usager ses responsabilités vis-à-vis de l'eau car il la pollue et la gaspille et augmente de ce fait les rejets urbains et domestiques, ce qui fait augmenter les volumes d'eau usée, entraîne un coût supplémentaire et inutile par les investissements à mettre en place pour épurer les eaux.

- Faire connaître à l'usager son rôle en tant qu'acteur à part entière dans le processus de conservation des ressources.

En matière d'eau, le client n'est absolument pas roi, quels que soient ses moyens financiers, car il ne s'agit pas uniquement de payer l'eau consommée, mais de préserver la ressource. On peut noter qu'au Maroc, près de 80% des abonnés consomment moins de la moitié de l'eau potable. D'où la nécessité d'adapter le message en fonction de chaque catégorie de consommateurs, ce qui prouve que les tarifs adoptés jusqu'à maintenant ne sont pas assez dissuasifs à l'égard des consommateurs aisés. Cependant la sensibilisation doit absolument s'intéresser à toutes les catégories.

III - Choix des supports

Une fois le programme arrêté, il faut choisir les supports de la communication permettant un meilleur impact sur l'usager afin d'obtenir une modification, des gestes et des comportements vis-à-vis de l'eau, une prise de conscience des équipements et infrastructures à mettre en place et leur coût de revient, etc.

Au début du lancement, les actions d'éducation visaient essentiellement le grand public. D'où le recours à la télévision, média permettant une large couverture, principalement en milieu urbain.

Deux exigences ont été mises en avant pour ces actions d'éducation:

1) Elles ne doivent en aucun cas créer une psychose de manque d'eau;

2) Elles ne doivent pas être interprétées comme une obligation à ne pas utiliser l'eau dans les conditions légitimes d'alimentation et d'hygiène. D'où le choix de la technique du dessin animé permettant de mieux dédramatiser le message.

. Un média de base : LA TÉLÉVISION

La télévision, qui joue un rôle moteur dans cette campagne, a été choisie car elle permet:

- Une large couverture de la cible (environ 12.000.000 de téléspectateurs à l'époque)

- Une mémorisation et une identification très forte des messages.

Comment ?

- Sous forme de spots publicitaires,

- Sous forme d'émissions/tables rondes

. Les médias d'accompagnement

* LA RADIO qui permet:

- une mémorisation intéressante quand il y a une forte multiplication des messages émis,

- la possibilité de segmenter les messages en fonction des différentes cibles (selon les tranches horaires d'écoute)

- l'étendue de sa portée nationale de l'existence de radios locales (dialectes...)

Comment ?

- sous forme de sketches

- sous forme d'entrefilets lus (conseils...)

- sous forme d'émissions spéciales

* LA PRESSE ÉCRITE qui permet de

- toucher un nombre important de lecteurs

- communiquer directement avec les lecteurs (en répondant aux questions posées par le support ou les lecteurs)

Comment ?

- sous forme d'articles rédactionnels

' sous forme d'encarts de conseils...

IV - Comment toucher le maximum de personnes ?

Pour être sûr de porter le message à un plus large public, il faut sérier les types d'actions à engager et déterminer les cibles à toucher. En voici quelques exemples:

. Jeunes

Écoles et collèges, loisirs (colonies de vacances et autres, ce qui implique le ministère de la Jeunesse et des Sports), manifestations diverses d'enfants, visites d'installations de traitement des l'eau.

C'est ainsi que l'ONEP mène des actions permanentes dans les collèges, en mettant à la disposition des élèves un kit pédagogique de plusieurs panneaux et un livre pour l'instructeur, ce qui implique durablement les établissements dans les programmes d'éducation et de formation. De même, il faut impliquer la création de manifestations d'enfants...

. Adultes

* permanence d'activités d'éducation,

* utilisation massive des médias

* messages particuliers (mailing...)

. Industriels

Mailing, conférences, visites d'installations...

. Hôteliers

Mailing, encouragement à la réutilisation des eaux usées pour des espaces verts...

V LES ÉTAPES DE "L'ACTION ÉDUCATION"

Multiplicité

des cibles

(usagers, catégories de consommateurs...)












Identification des cibles (jeunes, adultes, habitants des villes, des campagnes, catégories socioprofessionnelles...)

Adaptation des messages (quelle information pour quelle cible ?)

Définir les supports

Planifier les actions

Organiser les actions

Évaluer

Adapter de nouveaux messages, supports

(d'où processus continu)



. Qui est concerné par l'action d'éducation ?

L'eau constitue un domaine pluridisciplinaire intéressant plusieurs acteurs (ou intervenants)

Intervenants
Usagers
Autres
- L'État avec ses différentes structures (Éducation Nationale, Santé Publique, Environnement, Jeunesse et Sports, Agriculture, etc...)

- Les organismes spécialisés

- Les collectivités locales

- Les régies autonomes

- Le privé

- Les opérateurs techniques

- Les consommateurs particuliers

- L'industrie

- Les établissements hôteliers

- Les associations de consommateurs

- Les ONG

- Les médias

Pour chacune de ces catégories, il y a un type de message et un type de support
ACTIONS D'ÉDUCATION DIRECTES SELON LA CIBLE
Cibles
Justification du choix
Messages
Le comment ?
Élus et décideurs - Contact permanent avec les populations et connaissance profonde des caractéristiques et spécificités des régions et leurs cultures - Intérêt et impact socio-économique des projets d'eau.

- Nécessité de l'implication des populations à la réussite des projets.

- Rôle dans le soutien et réussite du projet

- Sous forme de réunions, de journées d'information et de mailings
Enfants Jeunes - Une éducation efficace commence dès le jeune âge.

- Représente plus de 50% de la population.

- Les problèmes de ressources s'accentueront à l'avenir (besoins en hausse, qualité en baisse).

- Ce sont des prescripteurs (ils peuvent influencer les adultes).

- Découverte de l'eau.

- Respect de l'eau

. économie

. non pollution

- Relation eau potable/santé

. qualité de l'eau

. éviter l'eau non contrôlée

- Écoles (25.000 enfants/an): exposés, expositions, affichages.

- Colonies de vacances (30.000 enfants/an).

- Salon de l'enfant (200.000 visiteurs/an dont une majorité d'enfants).

- Visites d'installations ONEP.

1- Toutes les actions au profit des jeunes sont organisées en collaboration avec les Ministères de l'Éducation Nationale, et de la Jeunesse et des Sports, les autorités locales, les associations...

2- L'inauguration du programme des jeunes par montgolfière.

3- Affiches sur la base de dessins d'enfants.

Éducateurs - Contact permanent avec les jeunes.

- Servent de relais privilégiés étant donné leur mission de formateurs.

- Importance de l'eau

- Rôle des jeunes pour l'avenir

- Rôle socio-économique de l'eau

- Relation eau/santé.

- Mettre à la disposition des supports adéquats.

- Visites d'installations.

- Semaines d'information.

Abonnés - Clients (droit à l'information).

- Pouvoir d'influence familiale (chefs de famille).

- Directement concernés par la facture (payeurs).

- Qualité de l'eau.

- Économie de l'eau.

- Éviter la pollution.

- Étapes de production (efforts)

- Tarifs.

- Assainissement

- Envoi de mailing (dépliants).

- Information sur la facturation.

- Lettre de voeux (plus conseils).

- Lettre sur les problèmes particuliers (qualité...)

Journalistes - Vecteurs importants de la transmission de messages.

- Ont une influence sur la décision du lecteur.

- Évitent fausses informations et rumeurs.

- Rareté des ressources.

- Les nouveaux projets.

- Les problèmes de qualité.

- Les coûts des projets.

- Les tarifs de l'eau.

- Organisation de journées de presse.

- Visites des installations d'alimentation en eau potable.

- Interviews particulières.

- Dossiers de presse.

- Informations systématiques.

Femmes (gestionnaire du budget) - Éducatrices des générations futures.

- Premières utilisatrices de l'eau.

- Pouvoir d'influence dans la famille.

- Payeurs (chef de famille).

- Économie.

- Pollution.

- Tarifs.

- Utilisation abusives.

- Conseils de bonne utilisation

- Foyers féminins (exposés, débats, séminaires).

- Associations.

- Visites d'installations.

Associations - Spécificités de leurs actions. - Valeur de l'eau.

- Qualité de l'eau.

- Économie de l'eau.

- Mettre à la disposition des supports adéquats.

- Visites d'installations.

- Semaines d'information.



. Exemples d'adaptation de l'information selon la cible et le contexte

Le rural comprend peu de choses aux problèmes techniques et aux questions de tarification (il achète l'eau colportée 50 fois plus chère sans garantie de qualité). Par contre, il directement concerné par les questions d'hygiène et d'assainissement.

De même, les normes de potabilité ne sont ni perçues, ni exigées de la même façon en ville qu'à la campagne. Plus on dispose d'eau à domicile et de manière permanente (le cas du milieu urbain), plus on devient exigeant au niveau de la qualité, alors que le consommateur en milieu rural souhaite seulement l'accès à une eau qui ne soit pas nocive à sa santé.

On peut dresser un schéma indicatif du poids du message selon la cible (le nombre d'étoiles indique le degré d'intérêt à porter au thème)

Thèmes
milieu urbain
milieu rural
* La tarification

* Les moyens techniques utilisés dans le traitement de l'eau

* La qualité de l'eau

* L'assainissement

* L'hygiène

* ...

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***

*

*
*

*

***

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VI . COOPÉRATION INTERNATIONALE

Les actions d'éducation et de formation doivent bénéficier d'une coopération internationale. C'est le cas de l'ONEP qui a pu, dès les débuts de son programme, bénéficier du soutien d'un certain nombre de pays ou organismes amis, tels le Canada, la France, la Suisse, la Belgique, le PNUD, etc..

Les objectifs de la coopération internationale sont multiples. Elle permet notamment de donner:

- un appui à la réalisation des actions,

- une crédibilité aux initiateurs des actions d'éducation et de formation,

- un engagement des échanges entre pays et organismes.

Il serait utile d'aboutir à la création d'un réseau d'éducateurs ayant le soutien des instances internationales.

CONCLUSION GÉNÉRALE

Devant la rareté de plus en plus chronique de la ressource, et les dangers qui la menacent quotidiennement, économiser l'eau ne consiste plus à se plier à quelques privations passagères ou à certaines prouesses techniques, comme semble le penser le grand public.

La présente communication s'est efforcée de faire prendre conscience de l'ampleur du problème posé, en soulignant l'intérêt et la nécessité d'économiser l'eau, non sans mentionner les actions susceptibles d'être entreprises pour atteindre cet objectif.

La communication, l'éducation, l'information et la formation sont des outils nécessaires pour associer les populations, non seulement à la protection de la ressource, mais également à la lutte contre son gaspillage.

L'expérience marocaine en matière d'éducation et de formation, a été puisée à partir de situations spécifiques et endogènes, non sans connaître les expériences pratiquées dans d'autres pays.

Le Maroc est fortement impliqué dans la sauvegarde, la protection et l'économie de la ressource. La "Journée mondiale de l'eau", célébrée le 22 mars par le monde entier, a été retenue par les Nations Unies sur proposition du Royaume du Maroc.

Le défi majeur du XXIème siècle va être constitué à coup sûr par le problème de l'eau; il est temps que la communauté internationale mobilise ses efforts dans un élan planétaire afin d'épargner aux futures générations souffrances et privations.