Placé sous la tutelle du Ministère
des Travaux Publics, l'Office National de l'Eau Potable (ONEP)
créé en 1972, est un organisme public à caractère
industriel et commercial doté de l'autonomie financière.
Il est chargé de la planification nationale du secteur
de l'eau potable, de l'étude, de la réalisation
et de la gestion de la production en milieu urbain, ainsi que
la distribution dans les centres que les communes lui confient
sous forme de concession ou de gérance. Cet office est
également chargé du contrôle de qualité
des eaux qu'il produit et du contrôle de pollution des ressources
susceptibles d'être utilisées pour l'alimentation
humaine. Il participe également à la préparation
des textes réglementaires.
Le Maroc a connu à la fin des années
70 des cycles de sécheresse répétés
affectant dangereusement ses ressources en eau. Devant le problème
de réduction des niveaux des ressources et l'accroissement
de la demande, des mesures ont été prises pour résoudre
au mieux ce dilemme. Une stratégie a été
alors mise en place basée principalement sur une planification
dynamique, une exploitation rationnelle des installations et un
train de mesures d'accompagnement s'intéressant à
l'ensemble du cycle de l'eau (quantité et qualité
des ressources, protection des captages, recherches des fuites,
assainissement, usagers).
En ce qui concerne l'économie de l'eau, des
campagnes intensives de recherche des fuites ont été
réalisées, une tarification dissuasive et un programme
d'information et de sensibilisation des usagers et des industriels
ont été mis en place.
. Pourquoi communiquer ?
Pour protéger et économiser les ressources
en eau, il faut communiquer avec l'usager de ces ressources, principal
intéressé et concerné par leur disponibilité
et/ou rareté, leur qualité et/ou leur dégradation,
etc., car en fin de compte, c'est à lui qu'incombe la responsabilité
de bien utiliser l'eau et d'éviter de participer à
sa dégradation.
L'idée est que l'eau est un don du ciel (qui
coule de source et qu'il n'y a pas lieu de payer) est assez ancrée
dans les esprits et qu'il faut mener un travail de longue haleine
pour faire admettre que l'eau potable qui arrive au robinet est
un produit fini qui a subi des traitements avant d'être
transporté et acheminé jusqu'au foyer de l'usager.
. Avec qui communiquer ?
Il faut bien réfléchir à la
cible pour éviter une déperdition ou un égarement
de la communication.
En matière d'eau potable, le contexte exige
de communiquer avec deux cibles principales: le milieu urbain
et le milieu rural, chacun ayant ses caractéristiques propres.
En milieu urbain, le ciblage doit porter sur au moins
trois catégories : a) le grand public, b) les jeunes, vu
leur forte implication dans l'usage de l'eau potable, c) les femmes,
vu leur rôle prépondérant au foyer et par
conséquent dans la consommation de l'eau.
En milieu rural, l'intérêt doit être
centré davantage sur la femme.
Ces actions doivent nécessairement être
soutenues par les élus à travers une information
adéquate et une sensibilisation accrue de ces derniers.
. Sur quoi ?
Il faut définir le ou les messages à
communiquer. Ce choix est d'une importance capitale si l'on ne
veut pas aboutir à l'inverse des résultats escomptés.
. Comment communiquer ?
Il est fort fâcheux de se tromper sur la façon
de communiquer. D'où donc l'ultime nécessité
de concevoir et d'affiner une pédagogie appropriée
aux objectifs escomptés et aux cibles retenues. D'où
donc le choix judicieux des supports et leur adaptabilité
aux cibles, aux messages et aux contextes.
. Quelle durée ?
Selon les objectifs visés, on doit arrêter
la durée. Faut-il parler de campagnes qui sont par définition
limitées dans le temps, ou au contraire concevoir des actions
permanentes et durables, ou combiner les deux formules à
la fois ?
Il est évident que, dans un pays à
climat semi-aride et victime, de surcroît, de sécheresses
chroniques répétées, seules des actions durables
jumelées à des campagnes ponctuelles peuvent induire
les résultats escomptés.
. Quel Coût ?
Sans les ressources humaines (mobilisation du personnel),
et financières (les médias et l'édition des
supports coûtent cher) appropriées, la communication
ne peut atteindre les objectifs escomptés.
Nous avons été confrontés à
un préalable de taille, à savoir: doit-on
parler d'économie d'eau à des personnes qui n'en
disposent pas ? Car l'alimentation en eau potable couvre inégalement
le pays, et même en milieu urbain, le taux de branchement
reste faible (45% en 1982). A ceci, il faut ajouter la modicité
des factures, ce qui est loin de militer pour l'incitation à
des économies d'eau.
Pour tenter de surmonter ce préalable, l'idée
d'une enquête préliminaire semblait judicieuse. Vu
l'importance de Casablanca et sa banlieue, et son caractère
cosmopolite, cette ville a été retenue comme lieu
d'enquête.
. Les buts attendus de cette étude
a) La connaissance des schémas rattachés
à l'eau et à son économie chez le public.
b) L'évaluation de l'impact de telles actions/campagnes.
c) L'identification des motivations susceptibles
d'inciter les non abonnés à se raccorder au réseau.
La cible a été subdivisée en
3 catégories:
- Consommateurs réels particuliers, c'est
à dire ceux qui ont effectivement l'eau potable à
domicile.
- Non consommateurs réels particuliers, c'est
à dire ceux qui ont d'autres modes d'approvisionnement.
- Consommateurs réels industriels utilisant
l'eau potable.
Avec la première catégorie, il a été
procédé à des réunions de groupes
avec 100 consommateurs répartis selon le sexe et le niveau
de revenu.
Avec la seconde catégorie, il a été
procédé à des réunions de groupes
avec 100 personnes utilisant les fontaines publiques, les puits,
les sources et les rivières ou achetant leur eau à
un vendeur d'eau.
Les informations recueillies ont été
complétées par une enquête par questionnaire.
Pour les consommateurs industriels, 100 directeurs
techniques d'entreprises industrielles appartenant à des
branches très diverses ont été interrogés.
. Les résultats
Les résultats globaux de cette étude
se présentaient comme suit:
- Favorables à l'économie d'eau: 87,6%
- Favorables à la campagne en faveur de l'économie
de l'eau : 89,6%
- Pensant que cette campagne aura un impact sur le
public : 78%
Les résultats concernant l'identification
des images rattachées à l'eau et à son économie
permettent:
- La relation eau-hygiène: il s'avère
que la cible différencie parfaitement l'utilisation normale
et nécessaire de l'utilisation superflue. Ainsi donc le
concept d'utilisation de l'eau nécessaire, mais sans gaspillage,
n'est pas à créer entièrement, il suffira
de l'approfondir.
- L'image de qualité, malheureusement peu
justifiée, que garde l'eau de puits dans l'esprit de la
population non reliée au réseau est à signaler.
- Les consommateurs les plus sensibles au prix de
l'eau sont ceux qui font appel aux porteurs d'eau (50 fois plus
cher).
- La synthèse des renseignements sur l'image
de l'eau telle qu'elle est perçue par la population pourrait
être définie ainsi:
* l'eau est rare et précieuse, elle est nécessaire
pour assurer l'avenir.
* utiliser l'eau sans la gaspiller équivaut
à économiser de l'argent.
Donc l'image de l'eau rare et précieuse n'est
pas à créer, mais elle est à promouvoir.
Il faut par contre souligner la qualité de l'eau et le
coût de sa production et enfin les moyens pratiques à
mettre en oeuvre par le consommateur pour l'économiser.
Après cette enquête préliminaire
qui a crédibilisé le lancement des actions/campagnes
à entreprendre, il était impératif de bien
choisir ce qu'il fallait dire aux gens, à savoir le message.
Celui qui a été retenu est le suivant: "L'eau
potable est nécessaire à la santé, utilisez
la sans la gaspiller".
Ce message a été érigé
en slogan permanent. Pourquoi le choix de ce slogan ? Comme nous
allons pouvoir le constater, il va pouvoir inspirer le contenu
de tous les messages à développer.
. L'eau potable : toute
eau n'est pas bonne à boire. Pour la rendre potable, il
faut la transporter jusqu'aux stations pour la traiter, la stocker
puis la distribuer jusqu'au robinet du consommateur. Toutes ces
manipulations nécessitent des moyens financiers importants.
. est nécessaire à la santé
: que peut-on faire sans eau en effet ? Elle est nécessaire
à la vie, nécessaire à l'hygiène,
etc. Sans eau potable, l'usager est exposé à un
certain nombre de maladies aussi dangereuses les unes que les
autres. L'eau potable a été contrôlée
dans des laboratoires performants, permettant d'éliminer
tous les germes nuisibles. D'où le lien étroit entre
eau potable et santé.
. utilisez-la : on encourage
ainsi les gens à avoir un accès facile à
l'eau potable, soit par le branchement direct, soit par l'utilisation
de bornes-fontaines, évitant ainsi de recourir à
l'eau colportée qui n'exclut pas les maladies hydriques
par son approvisionnement à partir de ressources non sûres,
en plus de son coût élevé par rapport à
celui de l'eau de robinet ou de la borne-fontaine.
. sans la gaspiller :
source rare et précieuse, l'eau potable doit être
économisée car, en plus de sa rareté, elle
a nécessité d'importants investissements. Tout gaspillage
entraîne dont en plus des rejets pollués et polluants,
l'affaiblissement de l'effort de généralisation
de l'accès de l'eau potable à ceux qui n'en ont
pas, et la déviation des investissements, etc. Gaspiller
l'eau équivaut à en priver d'autres et à
payer un service non utilisé.
Comme nous venons de le voir, ce slogan est par lui-même
tout un programme d'actions éducatives, de formation et
de sensibilisation.
. L'usager particulier
- a besoin d'eau tout le temps,
- veut une eau potable et tout le temps potable,
- ne veut pas d'interruption (ou de coupures) du service,
- veut payer le moins cher possible,
- veut être informé objectivement et constamment sur le produit qu'on lui livre,
- proteste à la moindre défaillance
ou à la moindre augmentation de la facture
. L'industriel
En plus de certains traits communs avec le particulier,
il veut pour certaines utilisations une eau plus pure.
. L'usager collectif
Dans les installations à usage collectif,
il y a absence de responsabilité et de prise de conscience
que ce qui coûte à la collectivité coûte
aussi à chacun.
Pour ces habitudes à penser et mode de vie,
l'usager est en mesure de modifier son comportement vis à
vis de l'eau, puisqu'il a la volonté de le faire.
. Rôle des décideurs et élus
Il s'agit d'une cible privilégiée dont
le rôle est capital dans tous projets d'information, de
sensibilisation et d'éducation des populations. Leur adhésion
à tous les niveaux de ces projets (conception, démarche,
organisation, ...) ainsi que leur appui constitue une condition
sine qua non et un garant pour la réussite des projets
en question.
Difficultés inhérentes au matériel
mis à sa disposition
L'usager n'est pas le seul responsable de tous les
maux relatifs au gaspillage. En voici quelques exemples:
- Les fuites après compteurs peuvent être
dues à la mauvaise conception des installations intérieures,
à leur vétusté et à leur mauvais entretien.
- L'inéquation des équipements sanitaires
et ménagers susceptibles d'entraîner des fuites ou
des consommations excessives.
- La pression excessive sur le réseau qui
favorise l'apparition des fuites, détériore les
équipements et entraîne une surconsommation.
* chasse-d'eau ayant une grande capacité et système du tout ou rien,
* lave-linge et lave-vaisselle qui consomment beaucoup,
* baignoire de grande dimension,
* emplacement des chaudières et chauffe-eau,
loin des points d'utilisation, ce qui entraîne une perte
d'eau froide avant l'arrivée de l'eau chaude, et une quantité
d'eau chaude qui reste dans les conduites.
L'encouragement à la fabrication et à
la commercialisation d'appareils permettant des économies
d'eau peut contribuer largement à la lutte contre le gaspillage
en aidant l'usager dans sa volonté de faire l'effort d'économiser.
On sait que, dans le domaine industriel, un gain
de 40 à 70% de la consommation a été obtenu
dans les pays développés par l'introduction de technologies
dites propres limitant l'utilisation de l'eau et favorisant le
recyclage.
. Informer et sensibiliser
Ceci renvoie à une motivation de formation
du public sur un sujet d'intérêt national, ce qui
exclut toute forme de conditionnement du public. L'information
nécessite une approche étape par étape.
Durant la première étape, il s'agissait
de véhiculer des informations sur les différentes
phases de traitement, les usages quotidiens de l'eau, sa qualité,
les cas fréquents de gaspillage (vaisselle, voiture, fuites...).
Pour ce faire, trois films ont été réalisés.
* Générique : (utilisation quotidienne).
En prises de vues réelles et en animation, ce film rappelle
l'importance de l'eau potable et les différentes utilisations
quotidiennes en mettant l'accent sur l'aspect QUALITÉ avec
laquelle elle parvient aux consommateurs.
* Techniques de traitement : ce film explique,
d'une façon simple, par des dessins animés et prises
de vues réelles, les procédés de traitement
et le contrôle de qualité opéré au
cours du processus.
* Moyens scientifiques de contrôle :
réalisé en prises de vues réelles, ce spot
montre les moyens mis en oeuvre au laboratoire de contrôle
de qualité des eaux de l'ONEP, pour assurer, efficacement
et sûrement, cette fonction dans les différents stades
de production et de distribution, quelle que soit l'origine de
la ressource.
. Guider
Ceci nécessite de concevoir les messages sous
forme de conseils pratiques. C'est ainsi que les premiers spots
sont des films "conseils", qui, en première phase
au travers de dessins animés, ont mis en parallèle
la mauvaise et la bonne utilisation de l'eau potable dans les
cas le plus classiques de gaspillage par manque d'information.
En deuxième phase des conseils pratiques ont été
présentés sous forme de films en prises réelles
sur : l'arrosage, le lavage des trottoirs, la réduction
de la pression à domicile, la réparation des fuites,
la diminution du volume de la chasse d'eau, les traitements des
eaux, le contrôle de qualité, les dangers de la pollution
(pollution, assainissement, déchets ...), etc...
. Responsabiliser
- Faire connaître à l'usager ses responsabilités
vis-à-vis de l'eau car il la pollue et la gaspille et augmente
de ce fait les rejets urbains et domestiques, ce qui fait augmenter
les volumes d'eau usée, entraîne un coût supplémentaire
et inutile par les investissements à mettre en place pour
épurer les eaux.
- Faire connaître à l'usager son rôle
en tant qu'acteur à part entière dans le processus
de conservation des ressources.
En matière d'eau, le client n'est absolument
pas roi, quels que soient ses moyens financiers, car il ne s'agit
pas uniquement de payer l'eau consommée, mais de préserver
la ressource. On peut noter qu'au Maroc, près de 80% des
abonnés consomment moins de la moitié de l'eau potable.
D'où la nécessité d'adapter le message en
fonction de chaque catégorie de consommateurs, ce qui prouve
que les tarifs adoptés jusqu'à maintenant ne sont
pas assez dissuasifs à l'égard des consommateurs
aisés. Cependant la sensibilisation doit absolument s'intéresser
à toutes les catégories.
Une fois le programme arrêté, il faut
choisir les supports de la communication permettant un meilleur
impact sur l'usager afin d'obtenir une modification, des gestes
et des comportements vis-à-vis de l'eau, une prise de conscience
des équipements et infrastructures à mettre en place
et leur coût de revient, etc.
Au début du lancement, les actions d'éducation
visaient essentiellement le grand public. D'où le recours
à la télévision, média permettant
une large couverture, principalement en milieu urbain.
Deux exigences ont été mises en avant
pour ces actions d'éducation:
1) Elles ne doivent en aucun cas créer une
psychose de manque d'eau;
2) Elles ne doivent pas être interprétées
comme une obligation à ne pas utiliser l'eau dans les conditions
légitimes d'alimentation et d'hygiène. D'où
le choix de la technique du dessin animé permettant de
mieux dédramatiser le message.
. Un média de base : LA TÉLÉVISION
La télévision, qui joue un rôle
moteur dans cette campagne, a été choisie car elle
permet:
- Une large couverture de la cible (environ 12.000.000
de téléspectateurs à l'époque)
- Une mémorisation et une identification très
forte des messages.
Comment ?
- Sous forme de spots publicitaires,
- Sous forme d'émissions/tables rondes
. Les médias d'accompagnement
* LA RADIO qui permet:
- une mémorisation intéressante quand
il y a une forte multiplication des messages émis,
- la possibilité de segmenter les messages
en fonction des différentes cibles (selon les tranches
horaires d'écoute)
- l'étendue de sa portée nationale
de l'existence de radios locales (dialectes...)
Comment ?
- sous forme de sketches
- sous forme d'entrefilets lus (conseils...)
- sous forme d'émissions spéciales
* LA PRESSE ÉCRITE qui
permet de
- toucher un nombre important de lecteurs
- communiquer directement avec les lecteurs (en répondant
aux questions posées par le support ou les lecteurs)
Comment ?
- sous forme d'articles rédactionnels
' sous forme d'encarts de conseils...
Pour être sûr de porter le message à
un plus large public, il faut sérier les types d'actions
à engager et déterminer les cibles à toucher.
En voici quelques exemples:
. Jeunes
Écoles et collèges, loisirs (colonies
de vacances et autres, ce qui implique le ministère de
la Jeunesse et des Sports), manifestations diverses d'enfants,
visites d'installations de traitement des l'eau.
C'est ainsi que l'ONEP mène des actions permanentes
dans les collèges, en mettant à la disposition des
élèves un kit pédagogique de plusieurs panneaux
et un livre pour l'instructeur, ce qui implique durablement les
établissements dans les programmes d'éducation et
de formation. De même, il faut impliquer la création
de manifestations d'enfants...
. Adultes
* permanence d'activités d'éducation,
* utilisation massive des médias
* messages particuliers (mailing...)
. Industriels
Mailing, conférences, visites d'installations...
. Hôteliers
Mailing, encouragement à la réutilisation
des eaux usées pour des espaces verts...
| Multiplicité
des cibles
(usagers, catégories de consommateurs...) |
|
. Qui est concerné par l'action d'éducation ?
L'eau constitue un domaine pluridisciplinaire intéressant
plusieurs acteurs (ou intervenants)
| - L'État avec ses différentes structures (Éducation Nationale, Santé Publique, Environnement, Jeunesse et Sports, Agriculture, etc...)
- Les organismes spécialisés - Les collectivités locales - Les régies autonomes - Le privé - Les opérateurs techniques | - Les consommateurs particuliers
- L'industrie - Les établissements hôteliers | - Les associations de consommateurs
- Les ONG - Les médias | |||
| Pour chacune de ces catégories, il y a un type de message et un type de support | |||||
| Élus et décideurs | - Contact permanent avec les populations et connaissance profonde des caractéristiques et spécificités des régions et leurs cultures | - Intérêt et impact socio-économique des projets d'eau.
- Nécessité de l'implication des populations à la réussite des projets. - Rôle dans le soutien et réussite du projet | - Sous forme de réunions, de journées d'information et de mailings | ||
| Enfants Jeunes | - Une éducation efficace commence dès le jeune âge.
- Représente plus de 50% de la population. - Les problèmes de ressources s'accentueront à l'avenir (besoins en hausse, qualité en baisse). - Ce sont des prescripteurs (ils peuvent influencer les adultes). | - Découverte de l'eau.
- Respect de l'eau . économie . non pollution - Relation eau potable/santé . qualité de l'eau . éviter l'eau non contrôlée | - Écoles (25.000 enfants/an): exposés, expositions, affichages.
- Colonies de vacances (30.000 enfants/an). - Salon de l'enfant (200.000 visiteurs/an dont une majorité d'enfants). - Visites d'installations ONEP. 1- Toutes les actions au profit des jeunes sont organisées en collaboration avec les Ministères de l'Éducation Nationale, et de la Jeunesse et des Sports, les autorités locales, les associations... 2- L'inauguration du programme des jeunes par montgolfière. 3- Affiches sur la base de dessins d'enfants. | ||
| Éducateurs | - Contact permanent avec les jeunes.
- Servent de relais privilégiés étant donné leur mission de formateurs. | - Importance de l'eau
- Rôle des jeunes pour l'avenir - Rôle socio-économique de l'eau - Relation eau/santé. | - Mettre à la disposition des supports adéquats.
- Visites d'installations. - Semaines d'information. | ||
| Abonnés | - Clients (droit à l'information).
- Pouvoir d'influence familiale (chefs de famille). - Directement concernés par la facture (payeurs). | - Qualité de l'eau.
- Économie de l'eau. - Éviter la pollution. - Étapes de production (efforts) - Tarifs. - Assainissement | - Envoi de mailing (dépliants).
- Information sur la facturation. - Lettre de voeux (plus conseils). - Lettre sur les problèmes particuliers (qualité...) | ||
| Journalistes | - Vecteurs importants de la transmission de messages.
- Ont une influence sur la décision du lecteur. - Évitent fausses informations et rumeurs. | - Rareté des ressources.
- Les nouveaux projets. - Les problèmes de qualité. - Les coûts des projets. - Les tarifs de l'eau. | - Organisation de journées de presse.
- Visites des installations d'alimentation en eau potable. - Interviews particulières. - Dossiers de presse. - Informations systématiques. | ||
| Femmes (gestionnaire du budget) | - Éducatrices des générations futures.
- Premières utilisatrices de l'eau. - Pouvoir d'influence dans la famille. - Payeurs (chef de famille). | - Économie.
- Pollution. - Tarifs. - Utilisation abusives. - Conseils de bonne utilisation | - Foyers féminins (exposés, débats, séminaires).
- Associations. - Visites d'installations. | ||
| Associations | - Spécificités de leurs actions. | - Valeur de l'eau.
- Qualité de l'eau. - Économie de l'eau. | - Mettre à la disposition des supports adéquats.
- Visites d'installations. - Semaines d'information. | ||
. Exemples d'adaptation de l'information selon la cible et
le contexte
Le rural comprend peu de choses aux problèmes techniques
et aux questions de tarification (il achète l'eau colportée
50 fois plus chère sans garantie de qualité). Par
contre, il directement concerné par les questions d'hygiène
et d'assainissement.
De même, les normes de potabilité ne sont ni perçues,
ni exigées de la même façon en ville qu'à
la campagne. Plus on dispose d'eau à domicile et de manière
permanente (le cas du milieu urbain), plus on devient exigeant
au niveau de la qualité, alors que le consommateur en milieu
rural souhaite seulement l'accès à une eau qui ne
soit pas nocive à sa santé.
On peut dresser un schéma indicatif du poids du message
selon la cible (le nombre d'étoiles indique le degré
d'intérêt à porter au thème)
| * La tarification
* Les moyens techniques utilisés dans le traitement de l'eau * La qualité de l'eau * L'assainissement * L'hygiène * ... |
|
|
Les actions d'éducation et de formation doivent
bénéficier d'une coopération internationale.
C'est le cas de l'ONEP qui a pu, dès les débuts
de son programme, bénéficier du soutien d'un certain
nombre de pays ou organismes amis, tels le Canada, la France,
la Suisse, la Belgique, le PNUD, etc..
Les objectifs de la coopération internationale
sont multiples. Elle permet notamment de donner:
- un appui à la réalisation des actions,
- une crédibilité aux initiateurs des
actions d'éducation et de formation,
- un engagement des échanges entre pays et
organismes.
Il serait utile d'aboutir à la création
d'un réseau d'éducateurs ayant le soutien des instances
internationales.
Devant la rareté de plus en plus chronique
de la ressource, et les dangers qui la menacent quotidiennement,
économiser l'eau ne consiste plus à se plier à
quelques privations passagères ou à certaines prouesses
techniques, comme semble le penser le grand public.
La présente communication s'est efforcée
de faire prendre conscience de l'ampleur du problème posé,
en soulignant l'intérêt et la nécessité
d'économiser l'eau, non sans mentionner les actions susceptibles
d'être entreprises pour atteindre cet objectif.
La communication, l'éducation, l'information
et la formation sont des outils nécessaires pour associer
les populations, non seulement à la protection de la ressource,
mais également à la lutte contre son gaspillage.
L'expérience marocaine en matière d'éducation
et de formation, a été puisée à partir
de situations spécifiques et endogènes, non sans
connaître les expériences pratiquées dans
d'autres pays.
Le Maroc est fortement impliqué dans la sauvegarde,
la protection et l'économie de la ressource. La "Journée
mondiale de l'eau", célébrée le
22 mars par le monde entier, a été retenue par les
Nations Unies sur proposition du Royaume du Maroc.
Le défi majeur du XXIème
siècle va être constitué à coup sûr
par le problème de l'eau; il est temps que la communauté
internationale mobilise ses efforts dans un élan planétaire
afin d'épargner aux futures générations souffrances
et privations.