Ateliers Atelier 2
Les eaux domestiques et industrielles

Conclusions Techniques

I - PROBLEMATIQUE GENERALE


La demande en eau domestique est partout en croissance rapide tout comme celle des industries pour leurs eaux de process.

Même si c'est évidemment dans les plus grandes villes du bassin méditerranéen que se posent avec le plus d'acuité les questions de l'adduction d'eau potable et d'assainissement, de nombreuses villes, moyennes ou petites, ainsi que la plupart des villages, connaissent aussi des difficultés.

Les problèmes, à des degrés divers, sont souvent exacerbés dans les quartiers défavorisés et dans les îles.

Il n'y a pas de développement social possible sans un effort soutenu d'amélioration de la lutte contre les maladies hydriques, de l'hygiène et du confort ménager.

Les zones touristiques et/ou côtières sont soumises à des contraintes particulières.

D'une façon générale, ces difficultés techniques sont les conséquences d'une insuffisante organisation administrative et d'un déficit de management des services municipaux, notamment sur le plan économique.


II - THEMES DE L'ATELIER


L'Atelier se propose de couvrir 4 grands domaines:

1 - L'eau dans les grandes agglomérations urbaines

2 - L'eau potable dans les zones rurales

3 - Les assainissements dans les villes

4 - La maîtrise des pollutions industrielles

Tous les aspects techniques, économiques, financiers, institutionnels liés à ces domaines ne peuvent évidemment être tous abordés au cours de l'Atelier. Il a donc été demandé aux intervenants de présenter des communications ciblant certains enjeux prioritaires par rapport à l'approvisionnement en eau dans les meilleures conditions de service (quantités et qualités) et la protection des ressources en eau et des milieux récepteurs.


III - SYNTHESE DES COMMUNICATIONS


1. Onze communications ont été proposées.

Elles décrivent des situations prévalant dans certains pays : rareté des ressources, accroissement des besoins en eau.

Elles traitent dans la majorité, des problèmes liés à l'eau urbaine.

Il n'y a pas de communication sur l'eau potable dans les zones rurales.

2. Plusieurs communications portent sur les programmes de réhabilitation des systèmes (réseaux et infrastructures) d'approvisionnement en eau urbaine. Il s'agit d'une préoccupation actuelle importante dans les pays du Sud et de l'Est du bassin, confrontés à la croissance rapide de l'urbanisation (Algérie, Jordanie, Liban).

3. La nécessité de la mise en place d'une gestion industrielle et commerciale des services (comptage, tarification appropriée visant à couvrir les coûts réels d'investissement et de fonctionnement) est soulignée par plusieurs intervenants. Plusieurs pays adoptent déjà une telle politique (Tunisie, Algérie, France).

4. La participation du secteur privé est proposée par plusieurs communications (Allemagne, France, Algérie, Jordanie) comme étant une solution possible et/ou souhaitable au problème de financement des systèmes d'eau et d'assainissement et un moyen de gestion efficace de ces systèmes. A cet égard, des communications développent les conditions nécessaires à la participation privée, notamment celles relatives aux aspects institutionnels et réglementaires.

5. Les économies d'eau constituent un axe principal des politiques de gestion de l'eau dans les pays du Sud de la Méditerranée. Une des communications traite essentiellement de cette question (Tunisie). La tarification des services de l'eau et de l'assainissement est un sujet évoqué par l'ensemble des intervenants. Elle est dans certains cas, présentée comme un moyen de réduction des gaspillages.

6. Le recours aux " nouvelles " ressources, non-conventionnelles est particulièrement illustré par le cas de Malte où l'expérience développée dans le dessalement d'eau de mer peut être très utile aux autres pays de la région.



IV - RECOMMANDATIONS


Recommandations générales

1. Une priorité doit être accordée à la sécurité de l'alimentation en eau potable des populations. Une attention spéciale doit être accordée aux déshérités.

2. Les mesures de conservation de l'eau, comprenant le contrôle des fuites et, si nécessaire, les investissements de réhabilitation, de remplacement, ou de restructuration constituent un objectif important.

3. Des tarifications appropriées devraient être mises en place, prenant en considération les coûts réels d'investissements et les coûts d'exploitation des services d'alimentation en eau potable et d'assainissement ainsi que des incitations aux économies de consommation et à la réduction des rejets polluants. Des mécanismes de solidarité entre les différentes catégories d'usagers doivent être développés.

4. La coopération entre les états méditerranéens et européens dans le secteur de l'eau doit être développée, dans la mesure du possible , dans divers domaines, notamment les nouvelles technologies, l'utilisation des ressources non conventionnelles, l'échange d'expériences et de résultats de recherche et dans celui des méthodes de contrôle de la qualité des eaux, ...

Recommandations particulières

1. L'approvisionnement en eau potable des populations urbaines et rurales les plus démunies doit être garanti en qualité et en quantité suffisante et à un prix compatible avec leurs ressources financières.

2. L'élaboration de schémas directeurs durables sont indispensables pour une meilleure planification de la satisfaction des besoins.

3. Il est nécessaire de mettre en place des cadres légaux et réglementaires pour l'eau potable et les rejets dans le milieu naturel. Les procédures de surveillance et de contrôle de la qualité de l'eau potable devraient rester sous la responsabilité des administrations centrales. Le financement de laboratoires devrait être prioritaire pour les pays bailleurs de fonds.

4. La décentralisation ou la déconcentration des responsabilités de gestion des services d'eau potable doit se faire vers le niveau local le plus approprié. Le niveau de décentralisation adopté dépend, pour chaque pays, de la capacité de la structure de gestion.

5. Des moyens de gestion industrielle et commerciale des services doivent être adoptés en se basant sur des mesures fiables de la consommation et sur une tarification adéquate afin de recouvrer les coûts réels d'investissement et de fonctionnement tout en intégrant des mécanismes établissant une solidarité entre les différentes catégories d'usagers et entre les villes, les zones périurbaines et les zones rurales. Ces politiques devraient s'accompagner d'incitations aux économies de consommation et être complétées par des programmes de sensibilisation sur l'eau.

6. Le renforcement des compétences professionnelles dans le secteur de l'eau et de l'assainissement devrait se faire par une formation continue pour tous les niveaux hiérarchiques, sur des sujets tels que la gestion, la détection des fuites, le fonctionnement et l'entretien des ouvrages hydrauliques, des stations de traitement et de pompage et sur les relations avec les usagers.

7. La gestion devrait, lorsque cela est souhaitable, être déléguée en tout ou en partie à des entreprises privées spécialisées et compétentes, et dans le cas des régies, une plus grande autonomie de gestion devrait leur être accordée, dans le cadre d'objectifs et de cahiers des charges précis tout en restant conforme aux autres directives de politique générale.

8. L'éducation et la formation des usagers, femmes et enfants en particulier, sont recommandées afin de changer les habitudes de consommation et d'hygiène, et leur permettre de participer à la prise de décisions lorsqu'ils sont concernés.

9. Des systèmes participatifs doivent être mis en place dans les zones rurales et déshéritées afin d'impliquer les populations concernées.

10. La valorisation et le développement de ressources non conventionnelles telles que le dessalement et le recyclage des eaux usées traitées sont recommandés. L'appui de la recherche est fortement recommandé.

11. La réhabilitation des réseaux est nécessaire. Elle concerne à la fois les canalisations et autres équipements et tient compte de l'amélioration du rendement. L'évaluation des projets et l'étude des impacts sociaux devraient être faites avant toute prise de décision, qu'il s'agisse de planification technique ou économique.

12. Financement des investissements; de nombreux projets mis en place n'ont pas rendu les services attendus, par suite de difficultés dans l'exploitation ou la maintenance des équipements.
Il est recommandé que les critères de recevabilité pour le financement des investissements comportent systématiquement une description des travaux de maintenance et des conditions d'exploitation.




V - PROPOSITIONS D'ACTIONS


1. Développement des ressources alternatives

L'insuffisance des ressources conventionnelles impose le recours à de nouvelles ressources " non-conventionnelles " telles que la réutilisation d'eau usée traitée et le dessalement d'eau saumâtre et/ou d'eau de mer.

Propositions:

- développer autant que possible l'échange de connaissances et d'informations entre les pays dans le domaine des ressources alternatives,

- favoriser l'organisation des programmes communs de recherche-développement,

- stages de formation.

2. Economies d'eau

Propositions:

- échanges autant que possible entre pays de systèmes et de moyens d'éducation et d'information du public et des usagers pour l'économie d'utilisation de l'eau,

- échanges en matière de gestion des périodes de crises (sécheresse, inondations),

3. Normes

Proposition:

- adaptation des normes OMS et CEE au contexte local, géographique et économique des pays méditerranéens (en particulier Sud et Est). Assistance technique aux pays concernés pour la mise en place de moyens de contrôle de la qualité des eaux.

Ce thème concerne aussi bien l'eau potable, l'assainissement et les rejets industriels.

5. " Comités méditerranéens "

Parallèlement au système d'échanges d'informations que la Conférence pourrait organiser au niveau de la Méditerranée, l'Atelier N° 2 propose qu'il soit recommandé aux professionnels, gestionnaires et scientifiques du domaine de l'eau, qu'ils constituent des " comités méditerranéens " informels dans toutes les associations professionnelles internationales dont ils font partie.

Exemple : " groupe méditerranéen " au sein de l'Association Internationale des Distributeurs d'Eau, etc...


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