Les réseaux d’eau anciens ressuscitent en Méditerranée
L’eau chante comme les noms des ouvrages dans lesquels elle coule à nouveau : khettaras au Maroc, foggaras en Algérie ou encore qanâts en Iran, les galeries drainantes souterraines constituent l’exemple le plus caractéristique et le plus original de cette reconquête des installations ancestrales par les populations locales. Comme le montrent des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires, ces « mines d’eau » en plein désert qui avaient été en majorité abandonnées sont aujourd’hui réhabilitées par les habitants des oasis. Ces derniers réinvestissent désormais dans la maintenance des khettaras et dans l’agriculture, en particulier les jeunes qui reviennent en milieu rural face au chômage auquel ils sont confrontés en ville. Un pari risqué face à l’incertitude climatique, mais assumé pour relancer l’action collective et se réapproprier les règles d’accès à l’eau, en vue justement d’une nouvelle pénurie possible dans les années à venir.
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