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Les Documents de travail
Atelier RIOB

LES SCEPTIQUES SERONT CONFONDUS : UNE GESTION DURABLE DE L'EAU PAR UNE PRISE EN CHARGE DE L'ENVIRONNEMENT PAR LA POPULATION

Nicole Lavigne
Directrice exécutive, La Biosphère

Thérèse Baribeau
Responsable, Réseau d’observation active, La Biosphère

 

La Biosphère, premier centre canadien d’observation environnementale sur le thème de l’eau et nouvelle venue dans le monde de la muséologie scientifique, a ouvert ses portes en 1995. Sa mission : donner aux citoyens le goût d’agir pour protéger et conserver l’eau : ressource inestimable et de plus en plus menacée.

Pour ce faire, la Biosphère s’est dotée de moyens innovants, alliant une muséologie d’avant-garde et la participation à part entière de la population dans la protection de l’eau, par une mise à jour perpétuelle de l’information disponible au public.

Engagés dans le Réseau d’observation active de la Biosphère, des organismes et des individus provenant de différents secteurs (sciences, industries, organismes non-gouvernementaux, écoles, municipalités, etc.) agissent, par le biais de projets d’observation et d’intervention, et fournissent à la Biosphère diverses informations et données prélevées régulièrement. Ces partenaires de l’environnement font donc la différence entre un milieu de vie pris en charge et un environnement abandonné.

L’objectif de cette contribution est de présenter une expérience innovante : le Réseau d’observation active de la Biosphère, comme élément déclencheur d’actions et de suivi environnementaux, et comme agent mobilisateur et de partage entre les savoirs scientifique et populaire.

En dépit des doutes que plusieurs émettaient sur la pertinence et la faisabilité d’un réseau associant experts et communauté, industriels et gouvernement, les succès rencontrés par les différents projets illustrent bien le cadre théorique. Deux exemples illustreront le travail accompli :

Le Réseau municipal de la qualité de l’eau des Grands Lacs et du Saint-Laurent compte sur la participation d’une cinquantaine de villes riveraines pour alimenter la Biosphère sur les données de qualité de l’eau provenant des stations d’épuration et des usines de production d’eau potable. La phase II de ce réseau est de procéder à l’implantation de mesures d’économie d’eau potable.

Le Réseau d’observation des poissons d’eau douce mené conjointement par les institutions scolaires et un centre de recherche illustre que le travail accompli par les jeunes est signifiant au niveau de la recherche scientifique, que chacun des partenaires dans ce projet (écoles, chercheurs, gouvernement (La Biosphère), et compagnie privée (Shell Canada) ) sort gagnant de cette alliance, et surtout que ce projet d’observation a un impact réel sur la protection de l’environnement.

Le Réseau d’observation active de la Biosphère permet de démontrer :

une amélioration de la connaissance des ressources en eau et des usages dans une perspective écosystémique ;

une amélioration du milieu ;

que la communication scientifique entre les communautés et les experts est très appréciée de part et d’autre ainsi que du public ; que ce type de projets rallie le secteur scientifique à la nécessité de diffuser l’information et fait sauter les conflits et les appréhensions de partage de l’information dans une optique de bi-directionnalité de l’information;

que la collaboration de gens de différents milieux servant les mêmes objectifs devient un élément de stratégie de gestion durable de l’eau avec lequel il faut désormais compter.

En conclusion, nous recommandons l’application du réseautage écosystémique comme stratégie de gestion des ressources en eau tant au niveau global que régional, afin de parfaire la connaissance et implanter des solutions durables au problème de l’eau.

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